Dur ce mal de tête

Dur ce mal de tête. La soirée a été longue. Je ne me souviens pas encore trop ce qui a été dit, ce qui s’est réellement passé. Il y avait la Princesse Charlène. Oui, c’est ça, l’éclat de ses yeux bleus, on peut difficilement l’oublier. Il y avait aussi le Prince Albert. On a joué, on a fait… Je ne sais pas, je ne sais plus. Je me souviens du rêve que j’ai fait ensuite, où j’étais nommé président de l’ASM par le Prince Albert. Calembredaines ! Le battement du sang dans ma tempe m’arrache un cri. Même les vibrations de mon iPhone 4S me filent mal au crâne. Je décroche tant bien que mal : « Cher monsieur, nous vous confirmons votre rendez-vous avec le président à 10 h ce matin ». Je raccroche. Bon Dieu, je suis vraiment le nouveau président de l’ASM !

10 h : Costard Armand Thierry bleu pétrole, mocassins en simili cuir, lunettes de soleil aviator sur le nez, c’est en bus que je me rends au stade. Je prends l’ascenseur, premier étage. Quelques marches et je me retrouve devant la préposée au secrétariat.
« Vous êtes ?
— Un homme comblé !
— Mais encore ?
— J’ai rendez-vous avec le président.
— Ah, c’est vous ? Venez, il vous attend ».
Sur ce, elle lève son joli prose de son inconfortable chaise, et me précède dans les bureaux de la présidence. Le décor est classe, bien qu’un peu spartiate. Un vrai bureau de banquier !
Au milieu, le président m’attend. Il porte un pantalon en tweed avec des chaussettes remontées à la tintin, un polo Puma orange amère, et un béret vert pomme.
« Ah ! C’est vous ! Mon sauveur ! Soyez le bienvenu ! »
Sauveur, quoi, moi ?
Avec la fougue du jeune marié juste avant de passer à la consommation de son épouse, il me tend un carnet de notes, prend son sac de golf et fonce vers la porte.
« Lisez bien cela, vous ne saurez survivre sans ! »
Et il s’en va en claquant la porte. Je reste stoïque quelques secondes, attendant qu’il revienne pour m’expliquer cette blague. La porte s’ouvre, un bout du béret dépasse : « Je n’ai pas fini la bouteille de champagne, il en reste un fond dans le mini bar sous le bureau » ?

Quelques minutes plus tard, la porte de mon bureau s’ouvre à toute volée, et un type apparait, telle une tornade blanche :
« Monsieur, c’est Luc, je dois vous… Vous ?
— Moi !
— Mais vous êtes qui ?
— Ben je viens de le dire, je suis moi !
— Et le président ?
— Parti, pfffuit, envolé, satellisé !
— Comment ça satellisé ?
— Javier Chevanton au coup franc, ça vous parle ?
— Ah, tant que ça ?
— Oui, voire même pire… »
Sans demander son reste, il sort de mon bureau.

11 h : J’ai convoqué les états généraux dans mon bureau. On aurait dit une réunion avec les 12 apôtres : Marc, Luc, Jean-Michel, Gérard, André, Pierre, Jean, Simon, Luc, Chris, Paul, Denis. Oui, j’ai cité deux fois Luc, mais il a posé tellement de questions que j’ai cru qu’il était plusieurs.
Le premier à parler c’est Jean-Michel : « Mais je vous reconnais ! Vous avez acheté le dernier maillot de floqué “Modesto” hier à ma boutique. Le dernier en stock, j’en ai tiré une larme. »
Se rendant compte que je le regarde de traviole, il se tait.
La discussion est âpre, mais instructive. J’emmagasine un maximum d’informations, malgré le mal de crâne qui me perfore l’occiput toutes les 10 secondes. On joue une sorte de « qui est qui », « qui fait quoi », comment, pourquoi…
À la fin de la séance, Luc me prend à part :
« Monsieur, j’aimerai vous voir
— Ben rajustez vos lunettes, je suis là.
— Oui, vous savez, vous êtes à la tête d’un grand club, il va vous falloir des appuis, et du soutien, et je suis prêt…
— À me prendre pour un jambon ?
— Oui ! Euh non, à vous aider pour de bon !
— Cher Luc. On peut se tutoyer hein, tu n’es qu’un subalterne maintenant. Alors moi comment je vois l’affaire : si jamais j’ai besoin d’un type pour me cirer les pompes, je t’appellerai… En attendant, va me pondre une idée géniale pour le prochain numéro du magasine du club, avant que je te remplace par un stagiaire en BTS communication ! »

13 h : un parterre de journaliste a été convié pour ma première conférence de presse.
J’ai répété avant avec Chris et Paul, et débité mon texte avec la concentration d’un élève de CM2 récitant le dernier Ronsard. J’en ai perdu quelques-uns au passage. Pour preuve, ils ont acquiescé quand je leur ai dit que j’étais Ironman.
Je leur ai promis que l’ASM était un grand club, que nous allons donner notre maximum, et que j’étais là pour apporter le changement dans la continuité… Knorr n’aurait pas fait aussi bien !

16 h : Le cabinet de monseigneur m’appelle pour me demander comment que ça se passe. Je leur explique que le club me semble être une zone de guerre où les belligérants se battent sur les cendres encore fumantes d’une citée en ruine. La cuvette que j’ai à l’autre bout du fil me félicite, car ils pensaient que la situation était pire. Rassurant.

22 h : Seul dans mon lit, c’est avec le dernier Jamiroquaï que je compulse les notes du président. De la musique psychédélique, idéal pour détailler une série de noms, des commentaires, des passages en rouge ? Sur ce vieux clairefontaine sont imbriqués les rouages de l’ASM… Quand je parlais de guerre tout à l’heure, j’étais loin, très loin de la réalité ?
C’est avec la musique encore en marche que je m’endors, des idées plein la tête…

ooOOoo

8 h 30 : Luc m’apporte le café « C’est moi-même qui l’ai fait ».
Son caoua ressemble plus à de l’huile de vidange que de l’expresso à l’italienne.
J’avale la purge et retiens ma grimace.
« Alors ce magasine, on fait quoi ?
— Mais euh, je n’ai pas encore eu le temps de…
— Tu es viré !
— Ah… Et… J’ai des droits !
— Oui, le droit d’avoir jusqu’à midi pour libérer ton bureau. Article 6 on appelle ça à Monaco, tu as droit à un sourire et les félicitations du jury ! »
Il prend la porte… J’attends quelques secondes qu’il soit de retour à son bureau. Puis je pianote sur le téléphone.
« Cher Thierry, je déconnais, tu sais !
— Aaaaaaah monsieur le président. Alors pour le magazine, j’avais pensé à une interview de Nenê ?
— Thierry, quand je disais “je déconne”, c’est pour l’heure. Je veux te voir parti dans l’heure ! Et fais monter dans mon bureau le rédacteur en chef de ton torchon, on doit parler. »

9 h : « Ra-ra-rasputin, lover of the Russian queen »
J’ai la patate ! Je ne sais pas ce qu’il a mis dans son jus de chaussette feu mon directeur de communication, mais ça m’a donné la pêche. Je déambule dans les couloirs, entre les fiches, les contrats, les dossiers, la photocopieuse et la secrétaire, histoire de me familiariser avec mon bazar. Tout cela en chantant, du Boney M principalement, c’est ce que mon iTunes m’a sorti pour me tirer de mon lit ce matin.
L’expert comptable qui s’occupe du club nous a envoyé un sous-fifre pour préparer le rapport envoyé à la DNCG. Je l’ai remis en place alors qu’il essayait de draguer ma secrétaire. Dans quel monde vit-on où un président se fait piquer sa secrétaire par un simple comptable ? Diable !
Il me dévisage bizarrement alors que j’entame un moonwalk pour aller de la photocopieuse à mon bureau, mais est foutrement utile. Les contrats, les primes, les perspectives, le montage financier. On passe en revue tous les détails techniques qui me semblent utiles.

Je pensais y passer un couple d’heures, je vais y passer la journée. Entre temps, j’ai convoqué une assemblée générale extraordinaire pour le lendemain, histoire de sonder l’âme des actionnaires qui sont prêts à mettre ma tête sur le billot. J’ai aussi vu mon rédacteur en chef, une sorte de jeune dynamique, à qui j’ai demandé de me pondre une série de projets pour améliorer la communication du club et notamment les relations avec les supporters.

17 h : Sur son carnet, le président avait noté : « Homer : scélérat qui a laissé le club dans un état lamentable. Lui coller une peau de banane dès que possible ».
Je chope mon téléphone. Tapote son numéro de portable, entouré au stylo rouge.
« Mister Homer, hello
Wazaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!! »
Et je raccroche ?
Au suivant.
Gédéon… Non, on va laisser le quatrième âge tranquille ?
Je rappelle l’ancien ancien président.
« Bonjour, Homer comment ça va ?
— Mais vous êtes qui ?
— Mais le nouveau président de l’ASM… »
S’en suivit une discussion à bâtons rompus d’une heure durant laquelle il m’explique en long les problèmes de politique interne liés à l’ASM, et me dit les grandes lignes de son plan triennal pour sauver le club… Il y croit, il est à fond. Je l’engage même en tant que conseiller personnel auprès du président. Il sera mon bras droit, mon porte-parapluie, ma tête pensante. Je suis presque certain qu’il a eu un début d’érection durant notre entretien.
Au moment de raccrocher, je conclus :
« Au fait Jérôme.
— Oui mon président ?
— Tu es viré !
— Ah, mais euh…
— Des chiens qui aboient et qui pissent dans le dos de leur maitre, je n’en ai pas besoin au club… »
Et je raccroche !
Moi aussi j’ai un début d’érection. J’appelle la secrétaire… Merde, déjà parti, tant pis !

23 h 30 : Alors que je rentre en moto jusque chez moi, après un lourd repas avec un des représentants marketing de la boutique officielle, une Audi noire me grille la priorité sur un rond point du tunnel dorsale, et percute de plein fouet la roue arrière de ma Honda. La moto rebondit sur l’asphalte et file s’encastrer au pied d’un panneau de signalisation. Ma longue glissade de termine le pied tordu contre un trottoir. Puis un crac. Pas forcément dans cet ordre d’ailleurs. Avant de tomber dans les pommes, j’aurai juré avoir entendu le conducteur de l’Audi ricaner…

ooOOoo

9 h 45 : C’est avec un peu de retard que j’arrive au conseil d’administration. Gérard est aussi présent. Malgré la chaleur, il est venu avec un pull over tricoté par sa grand-mère. Jean-Michel est là aussi, à ses côtés se trouve Marc. C’est ce dernier qui m’ouvre la porte.
Mal rasé, jean, blouson en cuir râpé sur toute la manche gauche, canne anglaise pour supporter mon pied plâtré, c’est avec la tronche du type qui a passé sa nuit aux urgences une aiguille dans le bras que je fais mon entrée dans la salle de réunion.
Le silence est pesant. En tête, j’ai l’intro de « Highway to hell » qui résonne en boucle… Certains me dévisagent avec stupeur. D’autres avec une sorte de panique dans le regard. Mais c’est surtout de ceux qui n’expriment rien dont j’apprends le plus de choses.
« Messieurs ! Ca fait tout juste trois jours que j’ai été nommé par SAS le Prince Albert II en tant que Président de l’ASM, et voilà-il pas qu’on essaye déjà de me mettre hors jeu. La prochaine fois, pensez à utiliser un sniper, les accidents de moto ce n’est pas toujours fiable… »
Remue-ménage dans la salle.

No stop signs, speed limit
Nobody’s gonna slow me down

« Oui oui, car je sais que l’un d’entre vous a fait le coup, bien que la plupart ne me voient que pour la première fois. Je dérange, et c’est pour cela que j’ai été nommé ! »
Un petit chauve se lève au fond :
« Ce sont des accusations sans fondement. C’est très grave, cela sera répété en haut lieu jeune effronté !
— Le haut lieu est déjà au courant. Je vous le répète, c’est pour cela que j’ai été nommé. À côté de moi, votre ex-ami Homer est un tendre fermier à Brokeback Mountain ! »

Nobody’s gonna mess me round
Hey Satan, payed my dues

« Alors messieurs, si je vous ai convié ce matin, c’est pour vous faire part de ma première batterie de décisions. Premièrement, à titre purement consultatif, j’ai décidé de faire appel à Éric, qui a certainement plus d’expérience à mon poste que vous tous réunit ici présent. Vous vous souvenez de Éric quand même, président pendant un quart de siècle avant d’être politiquement foutu à la porte…
De plus, Marc, on a reçu un fax d’un certain Jean Pierre Escalope. Ils te proposent un poste auprès de l’équipe de France. Tu peux t’en aller, je ne te retiens pas, et je leur souhaite bien du courage.
Luc nous a quittés. Je crois qu’il avait un assistant, il a pris la porte lui aussi, ainsi que l’apprenti sorcier qui faisait les montages vidéos à l’origine de trouble de la vue chez de nombreux supporters. À la place, un nouveau système devra être vite mis en place, et j’ai démarché la boite qui s’occupe déjà de notre magazine officiel pour trouver une solution communautariste.
— Communautariste ?
— Oui, qui fait appel au bon peuple des supporters monégasques. Vous savez, les gueux que vous avez délaissés pendant tant d’années… »

Hey Momma, look at me
I’m on my way to the promised land

« Pour finir, Gérard ne sera plus entraineur. Il va être nommé manager sportif, à l’anglaise, à savoir qu’il aura en charge l’équipe première, les transferts, avec les bons offices de Jean-Michel et d’une tripotée d’ambassadeurs, ex-joueurs du club. L’ASM doit être à l’image de la Principauté, une et indivisible. Par exemple, les équipes de jeunes devront jouer dans le même schéma tactique que les pros, afin que les jeunes qui montent de catégorie soient dans les meilleures conditions pour s’épanouir… Any questions ? »
Silence général… Et dire que le gros des annonces se fera cet après-midi !

I’m on the highway to hell !!!!!

14 h à la turbie. Café de la place.
Je suis en terrain neutre pour discuter avec mon nouveau responsable communication, ex-rédacteur en chef du magazine officiel.
Ce brave bougre vient de passer la nuit à explorer les forums et les sites de supporters afin de me faire un topo détaillé des « talents cachés » qui usent leur temps libre à bosser dans l’ombre pour l’ASM. Il a choisi les meilleurs, gage à moi de leur mettre un peu de lumière.
Les deux poches qu’il a sous les yeux serviraient de contrepoids à une grue sur le chantier de la tour Odéon, mais il semble content de lui.
Je lui attrape l’épaule
« Je suis fier de vous, camarade ! »
Il me dévisage comme si j’étais barjot. Il a surement raison.
« Il y a un hic
— Un hic ?
— Oui, un hic !
— Aïe aïe aïe ! »
Je lui ai demandé de me faire venir les responsables du site le plus sérieux, le plus pro, et ceux du plus « inventif ». Et il m’expliqua comment les plus inventifs avaient mis la clé sous la porte en fin de saison, et que son webmaster n’a pas répondu à son mail. Et que le responsable du site le plus sérieux habitait Paris…
« Bon, tant pis, fais-les-moi venir au plus tôt. Et l’autre qui ne veut pas répondre à ton mail, envoie lui les carabiniers s’il le faut ! »

15 h : Centre d’entrainement de la Turbie.
Une cinquantaine de personnes sont rassemblées sur le terrain d’entrainement de l’équipe pro. Gérard, André et Jean-Michel sont là.
En vrac, j’ai réussi à réunir les responsables de l’ensemble des groupes de supporters, et des abonnés de plus de 10 ans. Ils sont tous massés devant l’entrée, se demandant ce qu’ils font là.
Pour capter l’attention, je monte sur une table :
« Messieurs dames ! Je suis votre nouveau président. J’ai été nommé par SAS le Prince Albert II de Monaco afin de porter le club vers les firmaments qu’il n’aurait jamais du quitter. Mes méthodes sont rustres, brutales, sans équivoque. Parce que j’ai compris durant ces derniers jours que ce qu’il manque au club, c’est de l’imagination, de la créativité, et surtout un bon coup de pied au cul.
Pour ceux qui s’interrogent, non, je ne vais pas faire comme mes prédécesseurs. Je laisse la politique aux politiciens, je laisse les magouilles aux magouilleurs. Moi je préfère le terrain, même si je joue comme un pied. »
Salve d’applaudissements discrets. Pourtant elle était bonne ma blague, surtout en montrant mon plâtre qui n’est déjà plus très blanc.
« Première mesure que je vais faire pour les supporters… Déjà tous vos groupes de supporters, nous allons les dissoudre ! »
Et là, je me rends compte que j’ai pris le taureau par les cornes, mais en me plaçant pile en dessous pour qu’il puisse me labourer la gueule. J’essuie une grosse bronca fortement justifiée. Heureusement qu’ils n’avaient pas de tomates, sinon mon blouson en cuir aurait pris cher.
« Laissez-moi finir ! »
Ils ne veulent pas… Tant pis…
Mais à ce moment-là, André, mon attaché de presse, pousse une gueulante
« Silleeeeeeeeeeeeeeeeeence !!!!! »
Même les mouches ont arrêté de voler…
« Bon, si j’ai décidé de dissoudre vos groupes, c’est afin de créer enfin un vrai seul et unique groupe de supporter. Un groupe dans lequel chacun sera écouté, et pour cause, le responsable de ce groupe, élu au suffrage universel, sera nommé en tant que conseillé personnel du président, enfin, de moi quoi. C’est un peu le principe des Socios au Barça, principe que j’aimerai mettre en place au club, mais pas sûr que nous soyons assez nombreux pour réunir suffisamment de fonds afin de racheter les parts qu’il faudrait au conseil d’administration.
— Mais président, que va devenir le Club des Supporters officiel alors ?
— Vous êtes qui ?
— Bebert, monsieur le président, responsable du…
— Vous êtes sourd monsieur ? J’ai dit qu’il allait être dissous.
— Non, mais oui, mais je me disais que…
— Que vous allez perdre votre précieux petit pouvoir et que vous allez vous retrouver au même niveau que tous les autres… D’autres questions ? Je poursuis alors ! »
Je leur tiens le clappoir pendant deux heures, exposant point par point mon plan, avec surtout ce que j’attendais d’eux. Du site officiel dans lequel j’espère intégrer l’équipe de certains sites amateur, au magasine du club dont le contenu sera en partie « proposé » par les supporters, de la boutique dont l’emplacement sera certainement repensé à la place du Zen-zen, au design des maillots, qui devront là aussi être approuvé par les supporters. Je vise large, je vise communautaire.
Puis la discussion glisse doucement vers l’équipe.
« La majorité des prérogatives resteront aux mains de Gérard. Maintenant, via le site internet, nous allons mettre en place une interface privée qui vous permettra de questionner le coach, et/ou ses adjoints sur certains de ses choix. Enfin, durant les trêves internationales, un membre de l’effectif, le coach, un ambassadeur, un joueur prendra le temps d’une soirée “cocktail” ou “restaurant” pour répondre à vos questions, vos attentes, etc. ?
— Et sur le recrutement ?
— C’est-à-dire le recrutement ?
— On pourra dire nos sentiments sur les recrues tout ça ?
— De quoi, du genre là, à chaud, qui souhaiterait le retour de Donald Piedcarré ? »
Grand silence… Puis un maigrichon au fond, avec une casquette blanche Eroïk, et un pantalon vert fluo lève timidement la main « Le gérant du McDo et une serveuse du Casino… »
Fou rire…
« Non, comme je l’ai dit, nous avons des professionnels, vous n’avez pas toutes les cartes en main. Si nous avons choisi une certaine transparence avec nos supporters, il a certains domaines qui sont réservés aux professionnels, et celui-là en fait partie. »
Acquiescement général.
« Enfin, et ce sont là les dernières idées de mon programme. Chaque année sera organisée pour la fête du Prince une soirée de gala au Stade Louis II, avec différentes rencontres, qui mêleront notamment des pros, des anciens pros, l’équipe des amis de Monseigneur, la sélection nationale monégasque, et une équipe composée de supporters. Ah, et enfin, dernier point. Révisez tous votre Monégasque, on a décidé de passer l’hymne national au début de chaque rencontre ! »

Ils m’applaudissent. Ils se mettent les mains en sang même. Une véritable standing ovation !
Tel une rock star, je suis debout face aux gens, les bras en croix, regardant le ciel azur de la côte du même nom, et frissonnant à l’idée d’avoir vendu en quelques minutes du rêve à de très nombreuses personnes. J’habite désormais pleinement le costume qui m’a été balancé à la figure, et je suis presque fier de cette mission périlleuse. Car vu le champ de ruines sur lequel je marche, elle va être longue la route…
Mais comme l’a dit un grand empereur Romain (à moins que ce soit dans le film Gladiator) : « Le cœur de Rome ne se trouve pas dans le marbre de son sénat, mais dans les travées du Colisée… ».
Le cœur du club n’est pas dans son conseil d’administration qui ne pense qu’à comploter, mais dans la tribune pesage, dans la tribune première, dans ces parcages visiteurs remplis de passionnés.

Amen

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