Rogue One, un vrai Star Wars, mais pas que…

En tant que fan assumé de la saga des étoiles, je ne pouvais pas passer à côté de la sortie du premier spin off de la série de George Lucas. Avec la prise en main de Star Wars par Disney, j’étais assez sceptique. Même si leur traitement des Avengers est excellent, et que l’épisode 7 a été de très bonne facture. Cependant, les rumeurs autour de ce spin off n’ont pas été pour me rassurer : script remanié par un « spécialiste » des sauvetages, scènes devant être re-shootées en catastrophes cet été, compositeur de musique qui change à la dernière minute, communication outrancière avec des bandes-annonces à gogo (ce qui masque souvent quelque chose)… Bref, bien peu de sérénité se dégageait de cet opus avant sa sortie en salles.
Et pourtant… Quelle claque !
Je n’ai pas d’autre mot pour décrire le sentiment qui m’étreignait au moment de quitter le cinéma après la séance. Bon, malgré le fait que cet article soit publié presque un mois après la sortie du film, si tu as survécu à l’avalanche d’info sur les réseaux sociaux, et que tu souhaites découvrir tout ce qui va se passer dedans, ne lit pas la suie.

 [SPOILERS ALERT]

 Et pourtant, le début n’a fait que confirmer mes craintes de départ. L’enchainement des actions est un peu brouillon. Après l’ouverture avec l’enlèvement de Galen Erso, on passe d’une planète à l’autre, d’un personnage à l’autre, avec des scènes courtes sans grands liens entre elles. On apprend qu’un pilote de l’Empire a déserté, et que la rébellion le recherche, alors qu’il est aux mains de Saw Guerrera, qui avait recueilli Jin Erso, mais elle n’est plus avec lui vu qu’elle est en prison… Bref…
Il est certain qu’il manque des éléments à ce début, et que des coupes dans le scénario, voire même au montage, ont été réalisées à ce moment-là. En farfouillant sur le net, il est apparu des rumeurs comme quoi Dark Vador devait surgir dans un flash-back, mais que la scène, un peu violente, a été coupée. Saw Guerrera doit apparaitre dans des épisodes de la série « Rebels », qui apporteront peut-être un complément d’information. À moins que tout cela soit regroupé dans un DVD version longue (on parle là encore d’une vingtaine de minutes en plus).
La suite du film sera meilleure, les éléments se mettent en place, s’imbriquent les uns aux autres, et tout rentre dans l’ordre, pour monter crescendo jusqu’au grand, au très grand climax.
Car le point fort de Rogue One est là : l’intensité grimpe en pression tout au long du film, pour laisser le spectateur proche d’un coma d’extase vibratoire.
C’est simple, le final sur Scarif est à couper le souffle. Un savant mélange entre un combat spatial très bien pensé et visuellement ébouriffant, des batailles au sol, et des scènes en vase clos avec le petit groupe qui cherche les plans de l’Étoile noire. Tout cela monte petit à petit, et même si on n’a pas trop de doutes quant à la réussite de la mission, il n’en reste pas moins que la tension nous coller à notre fauteuil.
Et que dire de la scène finale, qui nous balance au début de l’épisode 4, avec une apparition de Dark Vador des plus jouissives.

 L’autre point d’achoppement que je pointais avant d’aller voir le film était à propos de la musique. Non pas que Michael Giacchino est un peintre, au contraire, il a écrit de vrais chefs-d’œuvre pour les derniers Star Trek, pour la série Lost ou pour même certains Disney. Mais son appel à la dernière minute pour remplacer Alexandre Desplat (lui aussi excellent sur l’ultime Harry Potter) n’augurait rien de bon, surtout que le timing était rikiki. Déjà que passer après l’immense John Williams n’était pas chose facile, si en plus c’est en catastrophe… Bref…
Alors oui, John Williams à la musique ça n’aurait pas fait de mal. Lors du visionnage du film, il manque quelque chose. Certaines scènes paraissent vides sans le côté épique des partitions du compositeur d’Indiana Jones ou Harry Potter. Certains agencements semblent trop forts, trop puissants, ou sont parfois absents.
Cependant, je me suis procuré l’album, et après plusieurs écoutes, je ne trouve pas la BO déplaisante. Elle a une belle unité, comme Giacchino sait le faire, mais certains thèmes sont assez agréables, et portent leur quota d’émotion. Je pense que ce point musical, bien que partagé par nombre de fans, mérite une seconde vision du film.

Au final, qu’est-ce que Rogue One ?
Un film de guerre, un vrai, sale, dramatique, avec son lot de pertes humaines, et ses victoires au gout amer. Et même si c’est Disney qui a estampillé la pellicule, il n’en reste pas moins que la logique qui veut que seuls Dark Vador et Tarkin apparaissent dans l’épisode 4 est respectée.
Un Star Wars, un vrai, plus que jamais ! Car la galaxie, ce n’est pas que les Jedi contre les Sith, ce n’est pas les petits problèmes de la lignée des Skywalker. C’est aussi des milliards d’êtres vivants (voire des droïdes) qui luttent pour survivre sous le joug de l’Empire. C’est cette facette là de la galaxie très très lointaine que nous montre Rogue One. Des personnages ordinaires pris dans le feu de la guerre, et qui doivent faire ce qui leur semble bon, ce qui leur semble juste. Dans Rogue One, il n’y a ni gentils ni méchants. Il y a des résistants qui commentent des exactions, il y a des membres de l’Empire qui font des choix personnels, épargnant même des vies qui leur semblent importantes. Rogue One, c’est la lutte entre deux idéaux contradictoires, la paix par tous moyens contre la liberté fondamentale. C’est le bien contre le mal, encore, mais sous sa forme la plus complexe, et donc la plus belle.
Mais surtout Rogue One offre un « fan service » exceptionnel. Le personnage de Tarkin est bluffant, je passe sous silence l’apparition finale qui me colle encore des frissons rien que d’y penser. Les références font foison. À l’épisode 4, évidemment, quand Bail Organa parle à demi-mot de son ami Jedi (Obi Wan Kenoby, pour ceux qui auraient de la sciure de bois à la place du cerveau), quand C3P0 et R2D2 se chamaillent l’espace d’un battement de cœur, quand on croise Chopper ou le Ghost dans le hangar de Yavin 4, juste avant que la sono en appelle au « Général Syndula », soit 3 références géniales à la série Rebels. Et ce n’est que ce que j’ai pu voir la première fois. Il est probable que d’autres trésors se cachent tout au long du film.
Enfin, l’histoire n’oublie pas de donner la part belle à son personnage emblématique, Dark Vador, dans deux scènes d’une puissance incroyable.

Malgré une mise en avant cumulant les accrocs et les anicroches, malgré une musique un peu à côté, et un début brouillon, Rogue One est pour moi un des tous meilleurs de la saga. Je le place même second sur mon podium, entre l’Empire contre-attaque, et le retour de la Force.

À voir, et à revoir !


Pour revoir Rogue One en Blu-ray

star-wars-rogue-one-3
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