Comme tous les ans, mon novembre est rythmé par un double challenge, le NanoWrimo et la No Finish Line. Si le Nano va me faire courir jusqu’à l’ultime jour du mois de novembre (je suis méga à la bourre), la No Finish Line s’est terminée dimanche dernier à 14 h, dans un grand élan de satisfaction personnelle, de soulagement physique, mais aussi de mélancolie, car il va falloir attendre un an pour renouveler cette expérience si particulière.

De la satisfaction personnelle tout d’abord, car je me suis bien amusé pendant ces 8 jours. C’est important, surtout quand on y passe autant de temps. La No Finish Line est un vrai lieu social de rencontre et d’échange. J’y croise des gens que je ne vois qu’une fois par an, à cet endroit-là. Des ex-collègues de boulot, ou des anciens clients. Je partage quelques moments sympathiques, comme ces footings improvisés avec des amis, ou cette petite séance le dernier dimanche à 6 h, avec une poignée d’irréductibles tous aussi rincés les uns que les autres.
De plus, le circuit était en nette amélioration par rapport à l’an passé. Les consignes de sécurité, un peu contraignantes au début, ne furent que des formalités au fur et à mesure des jours. L’ajout de la digue fut un vrai plus. Et malgré sa relative étroitesse sur plus de la moitié, cet endroit passe bien. On retrouve même « l’esprit » de la NFL, à savoir les traditionnelles questions métaphysiques sur le sens de l’existence que se posent tous les coureurs/marcheurs qui arpentent ce secteur à une heure impossible de la nuit.

De la satisfaction personnelle aussi au niveau performance. J’ai explosé mon record de l’an dernier, mais aussi mon objectif. Je voulais faire 200 kms, j’en ai fait 253, dont la moitié en running, ce qui est une nette amélioration par rapport à l’an passé. Au classement général, je termine 93e sur 11 000, ma meilleure position depuis que je participe à la manifestation. Mieux encore, dans ma catégorie, je finis 12e sur 1550. De façon plus large, la manifestation a encore une fois explosé son record total de kilomètres : nous avons rallié la lune ! En effet, il fallait parcourir 384 400 kilomètres pour monter jusqu’au satellite de la Terre, nous en avons cumulé 392 516 au total. L’an prochain, direction Mars ?
Et surtout le plus important, c’est que l’équipe pour qui je courrais, la Fondation Flavien, termine 2e du classement, devant des groupes qui avaient le soutien sponsorisé de champions des courses des 8 jours et des 24 h. Une vraie perf collective de la #TeamOrange
Le dernier mot revient quand même à mon cardiologue (qui a fait 184 kms) : « pas besoin de te faire passer de test d’effort l’an prochain tu l’as réussi haut la main là ».

Satisfaction personnelle enfin, car comme tous les ans, participer à la No Finish Line, au-delà de l’aventure est un honneur et une obligation. Depuis 10 ans, y figurer et faire mon maximum me tient vraiment à cœur, et ce pour plusieurs raisons :
– Déjà, en tant que « runner du dimanche » (et du reste de la semaine), cela m’offre une occasion de courir « pour quelque chose », pour les enfants soutenus par Children and Future, et non pas dans le vide de façon solidaire.
– D’autre part, comme je l’ai dit plus haut, je ne cours pas tout seul, mais au sein de l’équipe de la Fondation Flavien qui lutte contre les cancers pédiatriques, une vraie saloperie bien trop souvent délaissée par les politiques et autres centres de recherche, car « rares » et donc pas « bankable ».
– Enfin, si je peux courir comme bon me semble, et avoir une vie « normale » (bien que je ne puisse pas donner mon sang), c’est parce que plus jeune, j’ai eu la chance d’avoir ma plomberie réparée au Centre Cardio Thoracique à Monaco. Je suis né avec une anomalie cardiaque, corrigée quand j’avais 19 ans après une longue opération. Cette chance que j’ai d’avoir une vie normale, je souhaite désormais la partager à mon petit niveau avec ceux qui en ont besoin, puisque l’argent récolté via la No Finish Line sert aussi à financer des opérations pour des enfants dans l’attente d’un miracle.

Bref, vivement l’an prochain, avec un objectif bien défini : faire encore mieux ! J’ai réussi à courir/marcher 42 kilomètres par jour pendant 3 jours, il faudra le faire toute la semaine !

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