21 kilomètres, et les oreilles de Mickey

21 kilomètres, et 97 mètres. Pour certains runners, c’est juste leur distance d’échauffement. Pour d’autres, il s’agit d’une montagne à jamais impossible à gravir. Quant à moi, je considère cela comme une étape intermédiaire en direction de mon objectif final : courir un marathon.

La préparation

Un peu plus de six ans auparavant, au moment de courir mon premier dix kilomètres officiel, cette distance me paraissait déjà bien suffisante. Mais tous les ans, j’ai progressé. Et en septembre 2015, quand sont tombés les infos à propos du 1er semi-marathon de Disney, et mon premier entrainement sur 10 k en moins d’une heure, je n’ai pas hésité longtemps avant de me décider. Quel endroit plus magique pour se tester que les parcs Disneyland ?
Inscrit dès le mois de janvier, j’ai attaqué ma préparation fin mai, à raison de 3 séances d’entrainement par semaine. Assiduité et discipline, tels sont les maîtres mots qui m’ont mené jusqu’à ce weekend du 25 septembre. Et puis aussi du fun, parce que courir est devenu un vrai plaisir.
La veille, je suis allé repérer la ligne de départ, puis j’ai récupéré mon dossard et je me suis planté devant un plan du circuit pour l’étudier en profondeur… Puis je me suis ingurgité un plat de pâtes, avant de rentrer à l’hôtel à pied, repérant là encore le trajet que j’allais devoir effectuer le lendemain matin dès potron-minet. Après avoir préparé mes affaires, je me suis couché tôt, qu’importe le match de l’AS Monaco qui était en cours à ce moment-là.

Avant le départ

4 h 30 : Pain, pain, pain, tarte Tatin, tarte Tatin… Quelle merveilleuse musique pour se réveiller ! Elle est de circonstance, puisque c’est déguisé en Dark Vador que je vais prendre le départ tout à l’heure. Mais sans le masque, pour des raisons de sécurité.
L’adepte du « Miracle Morning » que je suis a quand même une casquette plombée sur le crâne au moment d’extirper mon corps de l’immense lit dans lequel je m’étais enfoncé. Et ce n’est pas l’application de ma main contre la fenêtre glacée qui va arranger les choses. J’ingurgite mon énergie cake, avec un thé pour faire passer tout ça.

5 h 32 : Départ de l’hôtel. Je siffle un demi-litre d’eau, prends ma banane, mon sac, mon pull, mes baskets, ma tonne de motivation et m’expulse de là. Ça va le faire !

6 h 09 : Hier, lors de mon repérage, j’ai oublié de vérifier si l’allée du départ était disponible avant la course. Évidemment, elle ne l’était pas, bien barricadé afin de prévenir toute tentative d’un fou au volant d’un camion ou autre danger sur pneus. Très bien en termes de sécurité, moins bien pour moi, vu que ça me rajoute 20 minutes de marche pour le rendre jusqu’à la station RER, sauvant au passage un couple de runners qui n’avaient pas tourné à la bonne intersection. La gare passée, le contrôle des sacs aussi, me voila dans le Disney Village, silencieux. Une foule a déjà pris d’assaut le Starbuck… Fichtre, j’espère que ce ne sont pas des coureurs, car sinon, on va croiser des traces de Caramel Macchiato sur tout le circuit…

6 h 26 : Une heure après avoir quitté l’hôtel, je suis enfin sur la ligne de départ. Après avoir transmis mon gearbag au sympathique préposé, je me retrouve vêtu de mon short noir, de mon t-shirt Dark Vador et de la paire de Hokka. On annonce la température à huit petits degrés, mais grâce à toute cette marche, je suis bien chaud.

6 h 40 : fidèle à mon programme, j’entame un léger footing, puis je vais vidanger aux latrines afin de ne pas avoir de mauvaise surprise pendant la course. La routine, la routine…

6 h 49 : Je me suis calé dans le premier tiers du sas C. J’essaie de rester pas trop loin des autres participants pour demeurer à l’abri de ces petites bourrasques vivifiantes qui font frissonner toute l’assemblée. Par chance, ils balancent pour la 3e fois un remix techno bien senti des Avengers. Bon, c’est pour accompagner la nana qui se trémousse sur le podium, qui est très loin d’où je suis. Mais qu’importe, c’est le genre de musique qui me maintient bien à fond…

6 h 55 : Encore les Avengers. Vite, faites partir la course, je suis chargé comme une pile. Je suis Captain America, héros si cher à ma petite fille ! Certes, c’est la version barbue déguisée en Dark Vador qui se pèle les miches, mais quand même.

6 h 59 : Des prévoyants de dernière minute vont pisser dans les jardinières, sous le regard amusé des passants, surtout quand une nana sans gène se défroque derrière un bosquet. Un coup d’œil à ma FitBit, il est bientôt l’heure de courir. Enfin j’espère, car je grelotte…

7 h 05 : Ah ben non, on s’est un peu tassé vers l’avant, mais toujours pas… Sur le podium, ça s’agite, mais je comprends pas grand-chose. Elle est où Paula Radcliffe ?

7 h 10 : Et pan ! Le départ est donné… Je suis dans le premier tiers du sas C. On est 12 000 selon les organisateurs, j’ai donc 7000 personnes qui vont passer avant moi. Minimum… Ça va être long.

7 h 21 : Le soleil se lève au loin…

7 h 38 : Le sas B en a fini. On se tasse encore plus vers l’avant. Le grand moment n’a jamais été aussi prêt. Le podium aussi d’ailleurs. Mais je n’entends plus la musique, juste le rythme saccadé de mes dents qui claquent… Je sautille… L’ombre d’une blessure débile suite à ce refroidissement intempestif me traverse l’esprit, mais je la chasse d’un revers de main.

7 h 40 : le sas C tente enfin une percée vers la ligne de départ… Je sautille toujours, ça va le faire…

7 h 45 : Un dernier selfie avant de partir… On verra bien l’état de ma gueule à l’arrivée…

7 h 49 : Go ! Go ! Go !

Kilomètre 1

Le premier kilomètre n’est pas vraiment intéressant. Quelques dizaines de mètres jusqu’à l’entrée de Disney Village, puis on bifurque dans une longue allée derrière un parking, avant de rentrer dans Disney Studio par la porte de service. Le fait de partir par petits groupes permet de ne pas avoir à trop slalomer entre les coureurs plus lents. De toute façon, je n’ai pas démarré comme j’en ai l’habitude sur dix kilomètres. Aujourd’hui, je suis très sage. L’important c’est le rythme. Et puis les derniers touristes de mon groupe se sont  déjà rangés pour se prendre un selfie sous la flamme du premier kilomètre…

Kilomètre 2

Le point positif : Je croise du monde tout autour du circuit, pour nous encourager .
Le point négatif : on est passé sous un tunnel. Du coup, ma montre GPS a perdu les pédales, et je ne vais plus pouvoir me servir de la distance pour évaluer ma progression. Ce n’est pas bien grave, l’important, c’est le rythme.

Kilomètre 3

On est sorti de Disney Studio, pour entrer dans le parc Disney. Et là, le pied total. Une haie d’honneur nous attend sur Main Street. Le personnel du parc, avec des spectateurs, s’est massé de part et d’autre de la rue pour nous applaudir et nous encourager. Je rase le côté gauche pour taper dans les mains qui se tendent vers moi. C’est sympa, c’est magique, c’est énergisant. Moi, ancien basketteur de bas niveau qui n’a jamais joué devant plus de 20 spectateurs, je comprends à ce moment-là le pouvoir porteur du public. Je traverse Main Street comme une balle, presque sans effort.

Kilomètre 4

Un peu plus loin, dans Discoveryland, nous croisons une bande de Stormtrooper et un Dark Vador entouré d’un troupeau de coureurs venu prendre la pause avec lui. Je ne m’arrêterai même pas, pourtant, c’était le seul personnage qui m’intéressait. Mais je ne suis pas là pour ça. Je tape une petite gorgée de ma gourde, et je bascule à Frontierland. Le changement est brutal…

Kilomètre 5

Quoi, déjà ?
Comme anticipé lors de mon étude du tracé, des étoiles pleins les yeux, je n’ai pas vu passer les cinq premiers kilomètres.
Devant chaque attraction, le personnel Disney est au rendez-vous pour applaudir et encourager les coureurs. Des « aller Dark Vador » fusent de temps à autre, ce qui fait bien plaisir, je ne suis pas loin d’être le seul avec un tel déguisement. Et puis la musique… Que des thèmes Disney bien énergisants, la palme revenant au fameux « Pirate des Caraïbes » devant l’attraction idoine. Je me suis entrainé pendant 6 mois avec de la musique dans les oreilles et j’ai pourtant décidé de courir sans, afin de rester concentré, d’être plus à l’écoute de mon rythme et de l’ambiance tout autour. Et pour éviter de me laisser bercer par une quelconque acoustique qui pourrait m’entrainer dans un faux rythme fatal.
Tiens, en parlant de rythme, petit coup d’œil à ma montre : 32 minutes aux 5kms… Je suis super dans les temps. Plus lent, ça voudrait dire que je suis déjà en dedans physiquement. Plus rapide, ça voudrait dire que j’ai poussé de trop et je risque de le payer sur la fin. Mais là, c’est parfait.

Kilomètre 6

On sort de la zone de maintenance de Disney. Un économat géant qui s’étale sur plus d’un kilomètre. Petite « visite » rapide d’un lieu que le touriste moyen n’a pas vraiment loisir de voir en temps normal. Transition toute en douceur, nous quittons la magie et le rêve, pour rentrer dans le dur. Plus de musique, moins de spectateurs et de gens pour encourager. Du goudron, des champs, et le bruit des godasses martelant le sol. Les rois du selfie vont devoir se frotter à la course, la vraie.

Kilomètre 7

Un champ, un bout d’agglomération et le petit tour salvateur d’un stade afin de changer de visuel pendant une poignée de minutes. Pas grand-chose à se mettre sous la dent, mis à part les selfistes qui font la queue devant les bornes kilométriques pour immortaliser ce moment…

Kilomètre 8

Sur le plan, c’était à partir du 8e kilomètre que ça devait devenir pénible. Je me suis un peu trompé. Une longue ligne droite passe bien, grâce au ravitaillement en plein milieu. Je prends mon temps pour boire, et pour manger quelques morceaux de pomme. Une poignée de secondes abandonnées, rien de bien important, mais qui feront du bien sur la durée. Puis un petit tour dans un bosquet, légèrement en montée, que je traverse en imitant Donald Duck, sous le regard hilare d’un autre coureur, lui-même déguisé en Donald Duck…

Kilomètre 9

Par contre, pour la suite du parcours, j’avais tapé juste. C’est très long. Du bitume au milieu d’un champ, un bosquet au loin masque l’arrière d’un manège du parc Disney, reconnaissable à la musique qui s’en dégage. Cela nous rappelle que nous sommes proches du parc malgré tout. Seuls galopent les coureurs devant, et derrière moi. Chacun va à son rythme, et je suis loin d’être ridicule. Certes, des runners me doublent, mais j’en dépasse un nombre encore plus important. Preuve que mon entrainement paye. À moins que ce soit cette espèce de faux plat qui commence à peser, et fait retomber un peu les moyennes. Vu les montées que je me suis farcies tout l’été, ce n’est pas un kilomètre en pente douce qui va me faire peur. J’hésite à regarder ma montre, et me ravise. J’ai confiance à mon rythme, et puis la mi-course n’est pas bien loin, on fera le point à ce moment-là.

Kilomètre 10

La voilà la mi-course, juste en haut du long faux plat, que je termine en poussant un peu sur les guiboles. Comme ça, parce que je me sentais bien. Comme je viens de vider la première de mes deux gourdes, et sifflé un gel énergétique, je prends même le luxe de zapper le ravitaillement qui se trouve derrière. Suis-je fou ? Deviendrai-je présomptueux ? Ou alors est-ce que je me sens tellement sûr de moi que je peux économiser une trentaine de secondes ?
Un petit coup d’œil à ma montre : 1 h 04…
Diantre, la sortie du parc n’a pas entamé mes guibolles, j’ai bouclé le second quart dans le même temps que le premier, qui était pourtant plus facile par sa configuration et sa topographie. C’est juste parfait. Mon moral se maintient au beau fixe.
Cela dit, je viens de faire le plus simple. Galoper pendant dix kilomètres, je sais faire. Ce sont les dix suivants qui posent problème…

Kilomètre 11

Fatalement, quand tu montes, tu redescends derrière… C’est plutôt mathématique quand ton circuit suit une boucle. Sauf qu’après un rond-point, nous croisons désormais le flot des coureurs dans le sens du retour. Ce qui veut dire que cette portion, nous allons la remonter plus tard.
Misère.
Surtout que plus ça va, et plus la pente augmente…

Kilomètre 12

Encore de la descente. Et toujours des coureurs qui remontent en sens inverse. Deux choses me turlupinent : comment les organisateurs vont-ils faire pour chopper les éventuels tricheurs ? Car nous les croisons sur plus d’un kilomètre, et le contrevenant qui aurait la bonne idée de se faire les lacets dans un sens, pour repartir dans l’autre couperaient 3 bornes sans se faire chopper.
La seconde question : comment va mon rythme ? Je me refuse à regarder ma montre, il est encore bien trop tôt… J’espère que la descente n’est pas un trompe-l’œil et que je tiens toujours mon objectif… J’ai déjà tellement connu ça lors de mes entrainements à longue distance…

Kilomètre 13

Nous sommes entrées dans une jolie petite bourgade. Après quelques virages, nous pénétrons dans une sorte de parc accueilli par des pompoms girls déchainées. Elles encouragent chacun des participants, et je me surprends à entendre un « allez Guillaume »… Je regarde de droite à gauche, impossible de savoir qui a crié mon blaze. Et je ne vois aucun visage que je serai susceptible de reconnaitre. Je mets une poignée de secondes à me souvenir que mon prénom est inscrit en gros sur mon dossard, et que les demoiselles ont eu la bonne idée de s’en servir pour personnaliser leurs encouragements. J’improvise quelques mouvements de bras façon Cheerleader pour accompagner ce charmant groupement féminin, puis je relance la machine, porté par une grisante euphorie.

Kilomètre 14

Le petit tour du lac fut sympathique. Le cadre est vraiment chouette. Je ne connais pas le nom de cette bourgade, mais le style de ces maisons fait très « desesperate housewifes », cela semble calme et reposant. Je pense que Disney a certainement mis la main à la pâte pour construire ce hameau qui sent bon le neuf… On est sur la boucle du retour, et la pente s’est comme prévu élevée. Je tente de maintenir mon rythme, mais je sens que ça pioche quand même un peu. Et malheureusement, pas de pompoms girls ou d’autres sympathiques animations.
Pour autant, un encouragement inopiné m’arrive, en la personne d’un coureur qui profite de mon ralentissement consécutif au sifflage de mon second gel énergétique, et de la ration d’eau qui va avec, pour me doubler, puis me lancer un « Nice Trooper ». Quand il constate qu’en plus d’arborer un tatouage de stormtrooper sur le mollet, je suis aussi attifé en Dark Vador, il m’applaudit.
Deux cents mètres plus loin, c’est moi qui le double, mon train étant plus élevé que le sien.

Kilomètre 15

Ah tient, j’ai la réponse à ma question d’il y a 10 minutes : pas besoin de contrôler les tricheurs, les organisateurs ont placé la borne chronométrique des quinze kilomètres de façon idoine. Si bien que le contrevenant qui aurait la bonne idée de couper au kilomètre 11 ne biperait pas sur le K15. Bien joué.
Je ne rate pas le ravitaillement boissons, et prends même un verre de powerade. On n’est jamais trop prudent.

Kilomètre 16

Un kilomètre de quasi-ligne droite, tout plat, avec pour seule distraction de regarder les coureurs en contresens, en grandes masses. Et je trouve un jeu rigolo, c’est de lire la lettre située sur le haut du dossard, afin de repérer de quel sas viennent tous ces gens-là. Je croise des C et des D, des gars partis après moi. Mais aussi des B, et plus étonnant, des A… C’est à croire que le côté touristique du parcours a ralenti certains coureurs assidus qui se sont prêtés au jeu des selfies avec les personnages…

Kilomètre 17

Bon, je n’ai pas pu m’empêcher, j’ai reluqué ma montre, mon temps total, et mon rythme au kilomètre. Mon cerveau s’est alors mis à gamberger à toutes vapeurs.
Quand on galope, on devient tous experts-comptables… Pour ma part, étant déjà membre de cette noble profession du chiffre, c’est un automatisme à chaque fois que je gratte une info sur ma course. C’est pour cela que je me suis abstenu jusque là de regarder ma FitBit, afin de rester concentré, et de ne pas trop me perdre en conjectures.
Plus que 5 km et je calcule déjà mon hypothétique temps à l’arrivée… En me basant sur un rythme au kilomètre très moyen sur la fin de course, je devrai finir autour des 2 heures et 18 minutes…
J’ai à peine terminé mes arithmétiques que nous entrons dans le parc, par son versant hôtelier. Une petite descente qui fait du bien aux guibolles, et qui me permet de me désaltérer à nouveau sans perdre trop de vitesse. Nous voilà devant le Santa Fé. Quelques membres du personnel nous acclament, c’est plus léger que lors des cinq premiers kilomètres, mais on sent quand même la magie qui revient petit à petit.

Kilomètre 18

1 h 17… Je refais trois fois le calcul… Ça voudrait dire que mon rythme réel est meilleur que celui que j’avais lors des ultimes kilomètres de mes sorties longues. Et c’est plutôt bon signe.
Ça serait ballot de rater l’objectif pour deux minutes… J’accélère… Enfin tout est relatif…
Nous terminons de faire le tour du Santa Fé, puis nous arrivons au dernier ravitaillement en nourriture. Je ne prends rien d’autre qu’un verre de powerade. J’ai encore un peu d’eau dans ma gourde, et un gel énergétique en cas de fringale. Plus de temps à perdre là…
Deux virages, et nous pénétrons dans l’hôtel Cheyenne.

Kilomètre 19

Difficile de réaliser un plus parfait final d’arrivée. Le passage dans le Cheyenne nous a renvoyé au cœur d’un hameau de western. Les encouragements vont crescendo, mis à part la petite coupure entre le Cheyenne et l’arrière de l’hôtel New York, via un chemin boisé fort agréable.
Nous déboulons devant le lac au bout de Disney village, que nous longeons en direction du Newport Bay. Et là, c’est une nouvelle haie d’honneur qui nous attend. D’autres coureurs qui ont déjà fini se sont joints aux spectateurs et au personnel Disney. Les « allez Dark Vador » fusent, je tape dans la main des quelques gamins sur le bas côté. Je remarque à peine l’hôtel Séquoia, alors que nous descendons vers la borne kilométrique, l’antépénultième du périple…

Kilomètre 20

Nouveau calcul de mon temps à l’arrivée : 1 h 16, et beaucoup de bananes…
La foule ne désemplit pas alors que nous en terminons avec le lac pour entrer dans Disney Village. Les encouragements sont constants depuis maintenant deux kilomètres, et c’est super appréciable.
Je passe devant chez Annette’s, le resto typique américain où ce soir je vais m’enfourner un méga hamburger, celui que je me promets depuis 6 mois… Mais avant, je dois en finir. Petit regard à ma montre juste à la borne : 2 h 09… À peine une minute de plus pour second dix kilomètres que pour le premier… Je suis super satisfait de ma régularité, mais je risque d’être un peu short quand même. Sauf si j’accélère.

Kilomètre 21

Nous repassons non loin de la ligne de départ, pour reprendre le début du parcours, et l’allée qui serpente entre le parking et Disney Studio. Elle est putain de longue cette ligne droite… Je n’avais pas remarqué ça il y a 2 heures quand nous sommes passés la première fois.
Au bout, un orchestre joue de la musique… C’est quoi cet air ? « We are the champions » ! J’ai des frissons partout. Putain le coup de boost…
Un virage, un pont, un autre virage. J’entends le speaker brailler sur la ligne d’arrivée…

Les quelques petits bouts après le Kilomètre 21.

Je crois que c’était ça la borne. Un grand panneau 21k avec trois gugus en train de se prendre en photo devant. Je ne sais pas, je ne sais plus. Je passe le virage, et nous déboulons sur le parking final… Rien de très magique à cela, mais je m’en tape.
Il me reste 100 mètres… Même pas
J’ai l’air d’Avengers qui me revient dans la tête.
50 m
Je n’entends pas le speaker qui félicite un à un les coureurs qui franchissent la ligne d’arrivée.
20 m
J’ai les poumons en feu, et les jambes qui commencent à bien tirer. Depuis combien de temps je suis en sprint ?
10 m
Regard à ma montre…

Ligne d’arrivée

2 h 15 min 56 s à mon chrono.
Je passe la ligne…
Je sais plus où je suis.
J’ai oublié la fatigue, et les efforts consentis pour arriver jusque là.
Je l’ai fait.
Mon rythme cardiaque peine à redescendre, mais je ne vais pas pour autant m’affaler sur une barrière. Je prends le temps pour couper Runtastic, qui confirme mon temps à l’arrivée… Je profite de mon téléphone en main pour prendre un petit selfie avec la ligne derrière…
Difficile de décrire les émotions qui me prennent la tête. Mélangé à la fatigue, j’en chialerai presque. De bonheur, évidemment. C’est chouette, c’est super chouette !

J’avance un peu, pour récupérer la médaille que me tend une charmante demoiselle. Elle est belle, une pièce maitresse dans ma collection qui s’agrandit petit à petit. À ce moment-là, je n’ai qu’une envie : m’inscrire pour la prochaine épreuve Disney. Si celui-là a été magique, je n’ose même pas imaginer le grand délire des courses Star Wars aux States, ça doit être galactique.
Un selfie avec la médaille, une bouteille d’eau, et je m’affale sur le bitume a l’écart, en compagne d’autres qui s’étirent. Les touristes eux font encore la queue pour prendre une photo avec Donald.
Des sas B qui sont partis bien avant moi…
Mais qu’importe le temps à l’arrivée. Seul compte d’être un finisher comme disent les Américains.

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2 commentaires sur “21 kilomètres, et les oreilles de Mickey

  1. Super compte rendu, cela donne vraiment envie de le faire l’année prochaine.
    Au passage c’est Fitbit, pour « tt » à la fin? 😉

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