S02E06 : Celui qui les avait de travers (part#1)

Précédemment, à Verlan

IMG_5484Saison #1 : Une crise sans précédent secoue depuis plusieurs mois le village de Verlan. Anthime, le patriarche-monarque-despote du hameau a disparu. Face aux affidés du chef, Jacquouille, Monica, Antoine, Paô-Paô et Germain, qui essayent par tous les moyens de cacher l’évaporation de leur gourou, s’opposent une poignée d’autochtones menés par Apolline, Angus et Wilma-Jane. Ces derniers tentent de lever le voile sur ce qui pourrait bien changer le destin de leur bled. Et alors que Dimity, un ex-espion russe, venait de pénétrer secrètement dans les appartements d’Anthime, une violente déflagration secoua le village.
Saison #2 : 
alors que le village se remet à peine de l’explosion du dernier étage de la Tour, Apolline s’enfonce sous les questions existentielles quant à son avenir, et à celui du hameau. Heikel et Jeikel, deux personnages mystérieux font leur apparition, afin de la soudoyer de reprendre sa guerre contre Anthime et ses affidés. Alors que la naine se défile, un mystérieux inspecteur tente de remettre de l’ordre au cœur du village, mais se frotte à une force encore plus mystérieuse….

À Verlan, il n’y a pas d’hôpital. On y trouve un toubib, certes, mais on n’est pas vraiment sûr qu’il possède les diplômes nécessaires pour exercer son art en bonne et due forme. Comme la plupart des gens à hautes responsabilités du village en quelque sorte.
Un apothicaire a pignon sur rue, une sorte de savant fou aux cheveux en pétard, qui hurle « nom de Zeus » à chaque fois qu’il vend une boite de préservatifs. La majorité des produits qu’il monnaye à un prix exorbitant n’est qu’un vaste étalage de fioles aux couleurs fluorescentes dont le gout demeure à peine moins infect que leur efficacité semble douteuse.
Enfin, la solution la plus draconienne pour se soigner à Verlan reste l’échoppe Heikel et Jeikel. Ces derniers font aussi office de pharmacien, notamment dans les cas les plus extrêmes. Mais leurs méthodes, à base de plantes, d’alcool et de viscères d’animaux exotiques, ne font pas vraiment l’unanimité. Surtout qu’ils sont très souvent taxés d’être à l’origine des maux mystérieux qu’ils doivent ensuite guérir.
Malgré tout, les gens se portent vaille que vaille, affrontant la grippe avec une liqueur verte, la toux avec un sirop jaune, et les hémorroïdes avec un cataplasme violacé.
Sauf depuis le dernier drame qui a agité le hameau.

Deux jours auparavant, Apolline, en arrivant à son standard téléphonique situe à l’entrée des caves et autres catacombes de la Tour, a constaté qu’une étrange fumée noirâtre s’échappait depuis la porte qui menait aux escaliers descendant au fin fond du bâtiment. Curieuse, elle l’a ouverte, provoquant un dangereux appel d’air. Un lourd nuage nauséabond s’est jeté sur elle, la forçant à mettre le nez au sol en attendant que les volutes trouvent leur chemin vers l’extérieur.
Sentant venir le coup tordu, la naine s’est empressée de mander son ami Angus afin de procéder à l’exploration de cette zone des plus sinistres. Après une heure de tergiversations, des langueurs arrivèrent jusqu’aux oreilles des deux compères, qui découvrirent, dans une alcôve cachée derrière une des caves, Germain et l’inspecteur Gadgeto gisant à même le sol, et Monica, enroulée sous des draps, pleurant à chaudes larmes.
Alors que la naine voulait s’en aller en laissant les trois infortunés à leur sort, Angus prit les choses en main. Moins d’une demi-heure plus tard, chacun était sédaté, au fond d’un lit, au cœur de l’hôpital de campagne aménagé dans la grande salle des fêtes au rez-de-chaussée de la Tour. Évidemment, le branle-bas de combat fut déclaré dès que les responsables de la police nationale découvrirent qu’un de leur représentant avait été attaqué, et devant le côté mystérieux de cette histoire, une bandelette fut envoyée à Robert.
Malheureusement, ce dernier n’est toujours pas en mesure de la lire.

Cela fait deux jours désormais que l’inspecteur Gadgeto est plongé dans une profonde léthargie entrecoupée de crises de délires fantasmagoriques, et personne au sein du village n’est capable de comprendre comment l’en sortir. Les dépositions de Monica et de Germain sont des plus confuses. Ils n’ont vu que de la fumée noire et entendu qu’un cri strident dont ils ne se souviennent pas de la teneur. Le tout avant de tomber dans les pommes et d’être secouru par la naine et le blond de la maréchaussée.
Du coup, tirer du sommeil le virulent détective devient une nécessité. Il faut l’interroger en tant que principal témoin, mais aussi en tant que suspect numéro un de ce qui ressemble à une agression caractérisée, tout du moins selon les dires de Paô-Paô, autoproclamé avocat de Germain.
Malheureusement, ni le toubib, ni l’apothicaire, ni le légiste de la police nationale n’ont réussi à réveiller l’inspecteur au complet gris.

Ce matin-là, Jacquouille revenait tout juste d’une virée à l’autre bout de la vallée. Elle s’en était allée pour visiter Anthime, qui soi-disant reprendrait des forces au Club Med (Médecine, Épuration, Dispensaire).
Constatant l’imposante présence hospitalière dans le hall de sa Tour, elle s’est de suite empressée de poser des questions à tout va. Elle cherche en priorité à comprendre pourquoi le lustre n’a pas été changé, et surtout qui avait eu l’idée de peindre les murs de la salle des fêtes en vert. Paô-Paô fut pour une fois le premier à encaisser la tornade de son presque-chef.
— Du vert, pourquoi du vert ? C’est une couleur de printemps ça !
— Oui Jacquouille, mais là, on a un inspecteur dans le coma, et deux collègues souffreteux.
— Oui, mais du vert ! Pourquoi la salle n’est-elle pas peinte en violet ? Nous sommes en automne, il me faut des couleurs d’automne !
— Oui… Mais on fait quoi pour le policier ? Personne n’est à même de le sortir de son sommeil profond.
— Ben, réveillez-le alors !
— Mais personne n’est capable de…
— Réveillez le j’ai dit. Qu’importe les moyens ! Mais débarrassez-moi cette salle pour la repeindre de la bonne couleur !

C’est ainsi qu’Apolline fut envoyée au fin fond du village pour chercher Heikel et Jeikel, dernier recours pour tirer Gadgeto de sa mystérieuse léthargie.
Une heure plus tard, les deux jumeaux se pointent devant l’inspecteur, où les attendait un parterre de « personnalités » : l’ensemble des hauts pontes de la Tour, Apolline et Angus, et la plupart des officiers qui généralement travaillaient avec le commissaire.
Marquant un temps d’arrêt, peu habitué à gouter aux joies des bains de foule, les deux thaumaturges sortent ensuite une bouteille de lait contenant un liquide verdâtre, qui se met à fumer une fois le bouchon enlevé. Après avoir fait boire de force le comateux, les deux frères reculent, les bras croisés, toisant le ramas des curieux.
Mais rien ne se passe.
Au bout d’une minute, l’inspecteur lâche un léger rot, tirant un sourire de la part de Jeikel.
Mais il ne bouge pas plus.
Au bout de cinq minutes, Jacquouille souffle tel un ventilateur, trouvant le temps long. Paô-Paô le calme comme il peut, lui expliquant que de toute façon, ils n’ont rien d’autre à glander de leur journée.

Puis, d’un coup, Gadgeto ouvre les yeux, grommelle des paroles énigmatiques proches des borborygmes caractéristiques que l’on fait pour se rincer la bouche après s’être lavé les dents. Puis il se lève, frais et dispo, scrutant la foule qui l’observe, incrédule. Il détaille un à un les visages de l’assistance, avant de pointer son doigt vers le plafond.

— Go Go Gadgeto Limace…

Le regard de l’inspecteur se vide instantanément. D’un geste lent, mais sûr, il se tourne vers la couverture, s’en saisit, avant de l’étaler sur le sol. Puis, il s’allonge dessus, et d’une volte, s’enroule à l’intérieur, à la façon d’une salade dans un wrap.
Ainsi engoncé de façon très étrange, il se met à baver, et à ramper, pour se diriger vers la porte de sa chambre, probablement dans le but de sortir, sous le cillement incrédule de l’ensemble de l’assistance.
Ce n’est qu’une fois que Jacquouille, un tantinet affolé, fusilla du regard les deux jumeaux, que ces derniers prennent la peine de s’expliquer.

— Ah ouais, quand même… C’est étrange cette chose… s’inquiète Heikel.
— Tu es sûr de ne pas t’être planté dans les dosages ? demande Jeikel.
— Ben non, j’ai fait comme d’hab, une tartine, et un demi-gros côlon de dinde, le tout mélangé dans un mojito bien frais…
— C’est quoi alors cet effet secondaire ?
— Je ne sais pas, les citrons peut-être…
— Évidemment. Ça ne peut être que ça ! On sous-estime trop souvent l’importance du citron vert !
Puis, se tournant vers l’assemblée.
— Pas d’inquiétude messieurs-dames. Ce n’est qu’un effet secondaire passager suite à un petit problème de citron vert.
— Du coup, il se prend pour un ver…
— Ouai, c’est ça… Un ver…
— Go Go Gadgeto Limace !

… La suite de cet épisode, dans la journée, ou peut-être au cours de la soirée, surement après la tombée de la nuit, entre l’apéro, les couches et le digestif…
Bref, quand l’auteur aura fini de faire la limace au milieu de son bureau…

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Merci.

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