Chronique de lecture : L’Oeil Brisé (Brent Weeks)

J’ai découvert la saga du « Porteur de Lumière » de Brent Weeks en 2013, lors de mon voyage à Papeete, quand nos hôtes sur place m’ont gracieusement prêté les deux premiers volumes de cette série. J’ai très vite accroché sur cet univers de fantasy très original, où l’ordre des choses, la religion et la magie tournent autour du spectre des couleurs. Et cette originalité s’exprime à tous les niveaux, les scènes d’actions deviennent uniques de par les caractéristiques magiques de l’environnement, les personnages principaux ont aussi un petit gout frais de « jamais vu », les magiciens se battent en « créant » des flux de couleurs, liquides ou solides, certains étant monochromes, d’autres allant jusqu’à maitriser l’ensemble du spectre, dont l’infrarouge ou l’ultra-violet. Si certains raccourcis ne nous sont pas épargnés (le personnage principal est le bâtard du Prisme, le plus haut personnage du royaume, qui, une fois orphelin, part à la recherche de son père et débarque à la capitale pour entrer dans la plus puissante armée du royaume bla bla bla…), la gestion géopolitique est relativement fine et plutôt bien menée. Andross, le père du Prisme, et puissant politicien, me faisant par exemple très largement penser à Tywin Lannister de la série Game of Throne, pour son charisme imposant, et son coté de gros salopard arrogant.
Bref, j’ai très très vite accroché à cette série (qui pourrait cela dit en dérouter pas mal de par sa très (trop) grande part d’originalité), dont j’ai dévoré avec délectation les deux premiers volumes, le Prisme noir et le Couteau Aveuglant, et c’est avec enthousiasme que je me suis procuré le troisième volume.

Alors que les dieux s’éveillent, la Chromerie s’efforce de retrouver son Prisme, le seul homme capable d’enrayer le chaos. Mais Gavin Guile a été capturé par des pirates. Pire encore, il a perdu le pouvoir qui le définissait : celui de créer. Privé de la protection de son père, Kip Guile va devoir faire preuve d’intelligence pour survivre à une guerre secrète entre les nobles, les factions religieuses, les rebelles… et un ordre de mystérieux assassins de plus en plus puissant, l’œil brisé

Autant le dire de suite : L’Œil brisé est à mon sens moins bon que les deux premiers opus. Cela ne veut pas dire qu’il est mauvais, au contraire. Il est juste moins bon, moins « fun », moins « pétaradant » que ses deux prédécesseurs. Il m’a fait l’effet d’un volet un peu de transition, où l’auteur, après avoir exploré son univers et joué avec son Prisme, se pose, et met en place la suite. Le rythme est de suite plus lent, intrigue devient bien plus « politique ». Le Prisme Gavin, le personnage principal, s’enfonce dans la noirceur jusqu’à la dernière page. Kip Guile, son bâtard, quant à lui tourne pas mal en rond, certains passages sont assez lourds avec une série de tics assez agaçants, et une façon personnelle de toujours s’en sortir un peu par miracle, et souvent beaucoup aidé par les autres (contrairement à son père qui du coup prend pour deux). Certains personnages disparaissent quasiment du paysage. Le Prince des Couleurs par exemple, on ne le voit jamais. Idem pour Liv et son père, très (trop) peu présents, ce qui ne serait pas sans poser certains problèmes pour le lecteur au moment où, dans les tomes suivants, ils vont réapparaitre et reprendre du volume. Enfin, Zinoum, le demi-frère de Kip, s’il est très présent au début, disparait totalement durant les 3/4 du bouquin, pour réapparaitre sur la fin, un peu sortie du chapeau, sa présence seule justifiant le chaos et le barnum final (très bien foutu cela dit).
Par contre, côté positif, l’univers de la Chromerie gagne en profondeur. De nombreux passages font état du passé du royaume des couleurs, on en apprend plus sur l’origine des Prismes et de la géopolitique générale de cet univers. De plus, certains personnages émergent, tirant leur épingle du jeu en dehors des scènes d’action pure. Karris gagne du volume, et s’extirpe de son coté gnangnan de femme soldat perdue dans un vrai-faux triangle amoureux (et je ne parle évidemment pas de la dernière centaine de pages où toute une partition lui est consacrée, avec une ouverture hyper intéressant pour la suite). J’ai surtout beaucoup apprécié les différents passages avec Teia, l’esclave/amie de Kip, qui se trouve impliquée dans une intrigue secondaire, mais qui, au vu du grand final, devrait devenir principale durant les opus suivants. Son personnage à la fois fragile, torturé, mais aussi ses talents uniques en font un élément très intéressant de cet opus, et là encore, probablement des suivants (et pour ne pas me vautrer dans le spoiler, je vais pas en dire plus…).

Toute proportions gardées, ce troisième opus, dans sa construction, peut se comparer au « Prince de sang mêlé » pour la saga d’Harry Potter. Un opus un peu chiant, un peu longuet, un peu politique, durant lesquel la part belle est faite au développement des personnages et du background, au détriment de l’action. Mais le grand final pétaradant ouvre des perspectives hyper prometteuses pour la suite, et une fois le bouquin terminé, on a qu’une envie, c’est de se jeter sur Google pour savoir si Brent Weeks a déjà prévu une date de sortie pour la suite (vu le rythme de publication des opus précédents, on peut s’attendre/espérer une sortie pour 2017…)


Pour plonger au coeur de ce troisième volume trépidant…

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