Il y a 6 ans, jour pour jour, j’entrai tout seul avec mon baluchon à l’IM2S de Monaco pour me faire opérer des ligaments croisés. Lourde opération, pourtant bénigne de nos jours pour tout bon sportif qui se respecte, footeux, rugbyman, skieur, et même désormais basketteur, vu que c’est la mode en NBA ces dernières saisons. 9 mois d’atermoiement et de consultations, 3 semaines d’enfer, 6 mois de rééducation, plus 6 mois de blessures récurrentes derrière (tendinites principalement due à la compensation et au surpoids), cette croisade a duré quasiment deux ans avant que je me retape plus ou moins entièrement.
Pour cet anniversaire, j’ai eu envi de reposter les articles que j’avais écris à ce sujet, histoire de rappeler que notre corps est une machine incroyable, mais qu’il faut y prendre soin. 

Il était une fois, en 2008, en décembre plus précisément, je participais à un entrainement de foot. Petite passe à 10 en guise d’échauffement. Rien de bien méchant. Voulant monter en pression assez vite, je me jette sur pas mal de ballon. Sur l’un d’eux, je saute pour contrer une balle longue. Comme je suis un trouillard, je me tourne en l’air pour ne pas manger le ballon en pleine poire. Je ne touche pas le ballon. Mais quand je touche le sol, mon corps est encore en train de tourner, alors que ma jambe gauche est bien plantée dans le synthétique. Le genou se tord… J’ai mal. (Note pour plus tard : rien que de l’écrire, j’en ai encore mal).

Je fonce aux urgences. L’urgentiste me manipule la guibolle, trois secondes et déclare à l’entorse du genou, avec protocole de soin et kiné. Je lève le petit doigt pour émettre l’idée que ça serait peut-être plus grave, mais il était déjà parti pour sa prochaine consultation.
Comme je connais le kiné (je suis un bon client), j’ai droit à de bonnes séances de musculation, et j’ai même un peu de rabs, ce qui fait que je tire une bonne quinzaine de jours de plus que prévu. Et même en faisant cela, je n’ai absolument pas confiance en mon genou, que je sens faiblard et peu sûr. D’ailleurs, le premier entrainement foot après cela, je ne fais que du footing, bien en ligne.
L’entrainement d’après, je fais là encore beaucoup de footing, avant de rentrer pour une opposition 7 contre 7. Qui durera grosso modo 3 minutes pour ma part. Deux accélérations, deux changements de direction. Au second, je sens mon genou lâcher, un peu comme si un type était venu y planter une hallebarde. Je repars de l’entrainement en claudiquant encore plus bas que lors de la blessure originale.
Retour donc à la case départ, 3 mois après ma blessure. Je vais voir un spécialiste, qui fait une drôle de grimace, puis m’envoie passer une IRM. Trois semaines pour prendre un RDV, trois semaines à attendre un verdict qui confirme les grimaces du spécialiste (et ma douleur au genou) : le ligament croisé antérieur du genou gauche n’est plus, paix à son âme…

– Vous voyez là monsieur Jartagnan, sur l’image de l’IRM
– Euh oui, c’est tout noir… C’est qu’il y a rien c’est ça ?
– Tout à fait… Il y a rien… Sauf qu’il devrait y avoir votre ligament à cet endroit…

Retour chez le spécialiste, qui m’envoie chez un chirurgien, qui mets encore trois semaines pour me prendre. On est mi-juin, je me suis fait mal mi-décembre, et je suis enfin entre les mains de la seule personne pouvant me remettre le genou d’aplomb. L’opération est programmée pour début septembre.
Fabuleux !

Début septembre donc, je prépare mon sac, me rase la guibolle, et je me rends, pas super à l’aise, à l’IM2S pour l’opération. Première chose, j’avale les cachetons qu’ils m’ont filé, puis je m’affale sur le lit de ma chambre, tout prêt, et j’attends. Les cachetons faisant effet, je suis tellement détendu que je m’endors.
Je passe outre les détails de ladite opération, les piqures, le premier voyage dans le coltard pour m’immobiliser la jambe, puis un second pour l’opération elle-même. Un réveil une plombe plus tard, la tronche en vrac. Le reste de la journée sera rythmé par les visites de différentes personnes venues prendre de mes nouvelles. Mais j’avais encore de l’anesthésie plein le cerveau, si bien que je ne me souviens pas de tout. Les cinq jours dans le doux confort de l’IM2S (dont le lundi de l’opération) passeront à une vitesse folle. Beaucoup de lecture (Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé notamment), et puis aussi beaucoup de films et de séries sur l’ordinateur portable (dont l’intégrale du Docteur House, saison 1 à 4). Les seuls intermèdes pénibles étant les premières séances de kiné, avec une machine à torture qui m’aide à « plier la jambe ». Car j’en suis réduit à ça désormais : réapprendre à mon genou à se comporter comme un genou, réapprendre à marcher, à courir, etc etc…
Et donc la première phase se déroule dans une machine à torture qui me plie le genou, enfin qui essaye. Chaque degré de gagné est une pure souffrance, car en plus, comme je suis un grand maso, j’utilise le moins souvent possible la pompe à morphine, pourtant à ma disposition en accès libre. Le vendredi, avant de partir, j’ai droit à ma première station debout. L’émotion, plus un problème de sous-tension cardiaque, et j’ai failli partir dans les pommes en arrivant aux toilettes.

Ce qui augure pas grand chose de très bon pour la suite…

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