IMG_3792Honte sur moi, je n’ai pas eu la possibilité (pas le temps) de faire de retour de lecture après avoir lu (2 fois), les quatre épisodes de la série Animae de Roxane Dambre. Et pourtant, comme on dit avec le vocabulaire de maintenant « j’ai kiffé ma race » en lisant cette première série à l’univers atypique et bourré de fraicheur. Bref, si vous ne l’avez pas déjà lu, faites-le, c’est franchement sympa. D’ailleurs, je l’ai conseillé à ma meilleure amie, qui a littéralement dévoré les épisodes qu’elle a pu se procurer. Si ça, ce n’est pas une excellente raison de vous les procurer au plus vite, je ne vois pas ce qu’il vous faut de plus.
C’est d’ailleurs pourquoi je n’ai pas hésité la moindre seconde à me procurer en version numérique, et ce dès sa sortie la semaine dernière, le premier volume de la nouvelle série du même auteur, personne ô combien sympathique que je côtoie sur le forum Mille-feuilles depuis quelque temps déjà.
Et diantre, que j’ai eu raison, puisque son nouveau roman, « Ceux qui marchent dans les ombres » n’a pas survécu au weekend, et ce malgré un programme plutôt chargé.

Par un de ces orages d’été dont Paris a le secret, Charlotte, 23 ans, découvre un petit garçon blotti au pied de son immeuble, ses cheveux sombres ruisselants d’eau, son T-shirt plaqué par la pluie.

Charlotte, qui est la gentillesse même, lui propose de s’abriter chez elle. L’enfant la suit sans un mot. D’ailleurs, il parle très peu, mais quand il parle c’est pour dire des choses ahurissantes : ses parents et son grand frère seraient des tueurs à gages aux pouvoirs mystérieux, baptisés les Scorpi. Lui-même, Élias, serait en apprentissage. Et sa phrase fétiche semble être : « Tu veux que je le tue ? »

Charlotte n’en croit pas un mot, d’abord. Mais bientôt elle découvre dans son salon une version 25 ans d’Elias, un grand brun aux yeux bleu outremer qui a l’air de débarquer d’un autre monde. Adam, le fameux frère, vient d’entrer dans sa vie, et celle-ci va tourner à la cavalcade.

Poursuivie par des inconnus, repérée par la police, rendue chèvre par ses « invités », Charlotte arrivera-t-elle à maîtriser la folie tantôt joyeuse tantôt angoissante que devient son destin depuis qu’elle a rencontré les Scorpi ?

Au premier abord, les lecteurs d’Animae ne seront pas surpris par le point de vue et le ton adopté. Là encore, le récit est à la première personne, l’action est intégralement vue et pensée (très important ça les pensées et les remarques dans le feu de l’action) par une jeune femme blonde dépassant tout juste la vingtaine. Bon, la comparaison s’arrête là, car là où l’héroïne d’Animae pouvait se transformer en bêtes féroces, la narratrice de « Scorpi » n’est qu’une comptable débutante qui démarre tout juste dans la vie.
Une comptable oui, il n’en fallait pas plus pour m’attraper et me scotcher. D’autant plus que malgré l’univers d’Urban Fantasy dans lequel est plongé le roman, cet aspect « comptable » donne un côté réel et rationnel au personnage. Et c’est peut-être ce en quoi l’histoire est captivante, c’est que tout l’aspect fantastique semble presque réel. Et tout l’aspect réel semble des plus familiers, que ce soit les moments sympathiques, comme les moments beaucoup plus gênants.
Et c’est pour moi ce qui fait la force du roman, et qui rend les personnages des plus attachants. Les deux frères sont pleins de « bizarreries » rigolotes, le père et la belle-mère sont pleins de potentiel pour les épisodes suivants, et la relation entre le super commissaire et le héros a un petit côté cartoon extrêmement sympathique.
Ah, et je l’avais déjà remarqué sur Animae, mais Roxane Dambre a des rapports surement très conflictuels avec la nourriture. Dans sa première série, le personnage central ne savait pas faire les lasagnes, ou faisait cuire des œufs au micro-onde, là on se retrouve avec un enfant élevé aux légumes bouillis (pauvre biquet), à une longue litanie autour des pâtes au beurre, et à un face à face avec un brocoli géant…

Bref, c’est franchement à lire, c’est léger, parfois drôle, parfois aussi un peu troublant (le personnage de Thomas fait pas mal grincer des dents), et ça vous fera passer un moment bien sympathique qui vous emmenera jusque dans un manoir au fin fond du Territoire de Belfort, et vous fera oublier le temps de la lecture les avions qui tombent dans les montagnes, le FN qui monte, la séparation des « Sens Unique », ou tout autres catastrophes qui hantent cette actualité sordide qui est la notre.

Vous pouvez vous procurer ce roman sur le site des Éditions de l’épée ou attendre patiemment qu’il sorte en papier.

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