Verlan est un petit village isolé, situé en haut d’une colline. A Verlan, il y a des vieux, et des jeunes, et des hommes, et des femmes… Figé dans le temps, Verlan obéit à ses codes, à sa hiérarchie, à son organisation féodale. A Verlan, on peut vous offrir un petit café, ou un petit verre d’eau. A Verlan, vous pouvez manger des mandarines, parfois, ou l’avoir dans le cul, souvent. A Verlan, il se passe des choses graves, mais pas vraiment importante. A moins que ce ne soit l’inverse…

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Mais avant de vous lancer dans les méandres de cette sombre histoire de brachyoures au cœur de ce hameau, l’heure est venue pour moi, modeste ménestrel adepte de la cithare, de vous en présenter les protagonistes principaux nichés parmi la grosse centaine d’âmes damnées de ce petit bled de pierres et de torchis.

Anthime : Le chef de village, le monarque de cette population. En place depuis plus longtemps que remonte le disque dur de l’antique ordinateur de la bibliothèque, il est très vieux, comme en attestent son visage fripé et ramolli, ses mains tremblantes et sa calvitie sur le haut du crâne. Mais son regard perçant dénonce une intelligence encore vive, et un esprit alerte.

Jacquouille : fidèle bras droit d’Anthime depuis des temps immémoriaux, il n’a pas son pareil pour encenser l’inutile et voir l’importance des petites choses. Bipolaire, il est capable de sombrer dans une profonde léthargie, avant de partir dans des quêtes absolument désespérées sur un coup de tête, toutes griffes dehors, et la moustache au vent.

Monica : Grande et mince, ce pusillanime bubon tient un poste de choix dans la hiérarchie Verlanienne. N’aimant pas l’esclandre, elle fait juste tout ce qu’il faut pour garder son petit cul au sec, et sa place au chaud bien peinarde. Certains pensent qu’elle est atteinte de mythomanie purulente doublée d’une distorsion de la réalité.

Antoine : Sa figure rouge boursoufflée par l’abus de Beaujolais, et sa coiffure constamment en désordre ne peuvent cacher un regard vide et fuyant, faute à une consommation abondante de psychotropes, qu’il prend de façon régulière pour masquer une tendance à la cacochymie. Habite un placard, et se sent bien dedans…

Paô-Paô : Tétragone de forme oblongue, il a les dents qui rayent le parquet de l’étage du dessous, l’air mauvais et le postérieur protubérant. Pour assouvir son ambition démesurée, il a ouvert sur les réseaux sociaux le fan-club des supporters d’Anthime. Apparemment, ça marche, même si une grande partie de la population Verlanienne le déteste.

Germain : autre membre de l’association des affidés d’Anthime, il cumule la triple compétence idoine. Hypocrite, lunatique et menteur, ce puceau depuis quarante ans ne désespère pas de trouver une gueuse qui acceptera de partager sa vie pleine de non-sens et de se faire regarder de haut à longueur de journée.

Apolline : De curieuse naissance, puisque sans père, elle a été enfantée par une mère qui dès lors a sombré dans la cleptomanie et une émétoaérosagophilie galopante. Cette personne de très petite taille, quasiment naine, a toujours plus brillé par son intellect que par son physique. Spécialiste des réseaux de communications à Verlan, elle aime surtout la lecture, les fromages à pâte molle et les santons de porcelaine.

Angus : L’homme de la maréchaussée, seul représentant de cette corporation dans ce bled minuscule, fait aussi office de livreur de pizza dès que le soleil se couche. Bel éphèbe au corps d’apollon, le « blond » est capable de rendre malade bien des têtes et saigner bien des cœurs. Sauf que c’est rarement à son avantage.

Wilma-Jane : La lavandière du patelin n’a pas sa langue dans sa poche. Bosseuse et discrète, tant que personne ne lui cherche des noises, il lui arrive de déjecter un vocabulaire à faire pleurer des larmes de sang à un conducteur de diligence. Les idées bien affirmées, tous ses ennemis mortels finiront au fond de son lavoir, un savon de Marseille coincé dans la gorge.

Violetta : L’enfant magique du village. Elle mange comme quatre, et n’accumule pas un gramme de graisse. Gentille et affable, elle vient en aide aux personnes âgées pour faire les courses ou passer chez l’apothicaire. Ses longs cheveux violets s’illuminent quand elle chante, ce qui est vachement pratique pour lire la nuit.

le révérend Coeurenjoie : Sénégalais, ancien éleveur de chameau dans son pays, curé, pasteur, conducteur du train de touristes, et accoucheur officiel du village. Il sait tout, fait tout, a tout connu, et ne manque pas de raconter ses histoires « de son pays » à qui veut, ou ne veut pas…

Brandine : C’est la femme du facteur. Elle est enceinte 9 mois par an… Elle a le phrasé d’un paysan auvergnat, fume comme un pompier et ne jure que par les émissions de télé réalité. Elle ne sait pas compter, ce qui fait qu’elle perd régulièrement un ou plusieurs de ses douze enfants.

Dimitry : Il est grand et atteint d’une paranoïa galopante. Il a la chevelure sombre et le regard d’acier. Il a des muscles partout partout et un passeport soviétique. Il fait tourner toutes les têtes à Verlan, surtout les femmes qui rêvent de lui la nuit. Quand aux hommes, ils pensent que c’est un membre du KGB envoyé en mission dans leur village pour le punir d’exactions passées.

Marc-Aurèle : de l’empereur romain, il ne lui manque que le vaste territoire et la garde prétorienne. Il a le port altier, le nez au vent et le verbe mielleux. Membre discret de la haute société de Verlan, il essaye tant bien que mal de se rendre important, multipliant les sourires captieux à tous ses alliés de circonstance.

Robert : l’homme de loi du village est un incorruptible, un vrai. D’un physique aussi banal que sa tenue, il ne verse ni dans l’esbroufe, ni dans la fantaisie. Il fait son boulot, et il le fait bien. Ce qui exaspère bien souvent les hautes instances du village, qui savent qu’avoir un juge dans leur clan améliorerai rudement leurs petites affaires

Mamie Carnet : Pauvre vieille femme seule et isolée. Boulotte, ses grands yeux ornent une paire de cernes qui lui tombent jusqu’au milieu des joues, pratique pour soutenir sa paire de lunettes aux verres si épais qu’ils pourraient arréter un coup de fusil à pompe. Ne communique que grace à son carnet, et c’est déjà bien suffisant, tant elle n’aime personne.

Joey : De son vrai prénom Joséphine, c’est la tenancière du pub O’Macadam. Femme émaciée au physique sec et anguleux, elle ne semble avoir ni d’âge ni de sexe. Ses yeux globuleux atteints d’un léger strabisme donnent l’impression de ne jamais vous regarder en face, sa coupe au bol et le duvet fourni qui lui recouvre la lèvre supérieure ne font que renforcer cet état de fait.

Ce matin-là, enfin, plutôt sur le coup des midis, car il ne faut pas déconner, à Verlan, la grasse mat’, et les pauses café à rallonge sont comme des vaches sacrées, Anthime va prendre une décision qui pourrait mettre son village à feu et à sang…
Est-ce un coup de tête, ou une choix murement réfléchie ?
A-t-il tout prévu à l’avance, ou lui a-t-on forcé la main ?
Y aura-t-il du Château Sainte Cerceï à l’apéro ?

Vous saurez tout cela, et bien plus encore, dès le prochain épisode de « Bienvenue à Verlan »

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