New York Knicks : la tête à l’envers

knicks-fans-paper-bags1Phil Jackson est un magicien. Voilà ce que l’on peut entendre dans les travées du Madison Square Garden en cette fin janvier. Car malgré le fait qu’il n’ait pas su se débarrasser de Melo, véritable boulet qui accumule les performances statistiques affligeantes, malgré aussi le départ de Imonde Felton, véritable usine à turn-over qui semblait si précieux dans la quête du Graal, il a réussi le tour de force de bâtir un groupe hyper compétitif, et ce sans avoir une grande marge de manœuvre. Le Garden frémit à nouveau, la magie est de retour, les défaites s’empilent les unes après les autres, et les troupes de Phil Jackson ont réussi ce que les troufions d’Isiah Thomas n’ont jamais réalisé : ils sont passés en tête au championnat du tanking après un mois record dans l’histoire de la franchise.

Mais cela n’a pas été sans mal. Certes, le début de saison était déjà très prometteur, car malgré un passage à travers contre les Cavs, en liesse suite au retour de LeBron à la maison, ou face aux Nuggets, les troupes de coach Fisher s’étaient placées en embuscade, non loin des Sixers malgré leur début de saison pétaradant. Mais il manquait un petit quelque chose à ces Knicks là, qui perdaient certes, mais toujours de très très peu, si bien que la moindre faute de concentration, notamment de la part d’un Melo pourtant très sinusoïdal, et ils replongeaient, et s’éloignaient de ces Sixers, en perte de vitesse certes, mais avec une avance encore confortable.
Si Phil Jackson est aux commandes d’une telle franchise, ce n’est pas non plus pour son livre sur les préceptes zen, mais aussi parce qu’il connait le jeu, et qu’il sait comment y faire face. Et alors que personne n’avait rien vu venir, il se glisse dans un blockbuster trade entre les Cavs et le Thunder afin d’y balancer deux de ses plus gros boulets : Imam Schumpert et Gérard Smith.
Quelle mouche a donc piqué les CAVS ? Déjà fortement affaiblis par le retour à la maison de LeBron James et avec les prestations de haute volée de Kyrie Irving, et ce même si Kevin Amour était au four et au moulin pour ne pas défendre et étaler son spleen dans la presse, cette équipe, pourtant leader des profondeurs, et 3 fois vainqueurs de la draft lors des 4 dernières saisons, a donc choisit de délester les Knicks de deux joueurs mineurs du 5 de départ, Schumpert, seul gars que le coach Fisher n’a pas réussi à convertir à la défense passoire, et Gérard Smith, capable du meilleur (après une soirée arrosée), comme du pire (il a déjà été meilleur sixième homme de la ligue, lors de la pire saison des Knicks depuis une décennie, ne l’oubliant pas). Dans la foulée, Maître Jackson (qui part ce trade vient de grimper de deux niveaux et passer au rang de maître) dégage Sam Camembert par la petite porte, seul véritable pivot de l’équipe, et engage une flopée d’inconnus tout justes bons pour figurer dans un 5 majeur d’une équipe de D-League. Et là, le Saint-Graal, les Knicks enchainent une série de 16 défaites d’affilée (record de franchise), et dès la mi-janvier, basculent seuls en tête au championnat du tanking. Et le public ne s’y trompe pas : en chantant « Acy MVP » lors d’une nouvelle défaite de +20 pions dans la musette, il sait que ses champions sont sur la bonne voie, et que Phil Jackson a choisi les joueurs idoines pour monter son projet de la fange et de la déchéance.

Malheureusement, cette semaine, une ombre est venue ternir ce tableau idyllique : Alors que Carmelo semblait entrer dans le droit chemin en restant sur le banc pour soigner son genou, l’ombre du All-Star Game à domicile est revenue le hanter, si bien qu’il en a complètement oublié ses fondamentaux individualistes pour se mettre à déjouer, et permettre aux Knicks de remporter non pas une, mais deux victoires coup sur coup. Un désastre, quand on sait que la seconde victoire l’a été au détriment de notre plus grand rival pour le titre d’équipe tanking de l’année, les Sixers et son roaster de sombres inconnus, qui revient du coup un peu au classement. Les oranges de Phil Jackson ont encore de la marge (84 % de défaite contre 81 % à leur adversaire du soir), mais avec ce double raté, ils ne sont plus qu’à un cheveu d’un autre adversaire qui avance lui aussi, tapis dans l’ombre : les Minnesota Timberwolve, autre franchise expérimentée dans l’art du tanking, qui a le même nombre de victoires, mais deux matchs en moins, et pourrait virer en tête rapidement. Mais ne nous y trompons pas, après le All-Star Game, Melo rentrera dans le droit chemin, et ira sagement se faire opérer, laissant ses camarades soldats plus disciplinés continuer à hisser les pensionnaires du MSG au plus haut des tréfonds du classement. Grâce à Langsdon Galloway, Jason Smith ou Quin Acy, Phil Jackson rêve d’un autre 72-10, et il l’aura. D’ailleurs, ESPN vient de déprogrammer le match Knicks-Lakers pour mettre du bowling. Si ça, ce n’est pas un signe…

Knicks

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