lareellehauteur_petitMes lectures tournent bien souvent autour des mêmes axes : de la SF, de la fantasy, du polar, ou un peu tout ça mélangé. J’aime les enquêteurs qui gambergent, les nains qui défoncent à tout va, les rapières qui brillent dans la nuit, les dragons aux dents pointues, les antihéros bien sombres sentant le mauvais alcool, les créatures fantastiques, les gros méchants, la boue et les coups du sort.
Mais je n’ai pas pour ambition de mourir bête, alors je n’hésite donc pas à sortir quelques fois de mes axes de lecture pour explorer d’autres horizons, d’autres styles. Et après avoir fait la connaissance de Jo Ann Von Haff sur le forum Co-Lecteur (capitaine du navire), puis sur le forum Mille-feuilles (chef cuistot), je me suis dit que, comme pour d’autres auteurs du même forum convivial dans je me suis déjà délecté de la prose, il fallait assouvir ma curiosité et plonger dans un des textes qu’elle a publiés.
Dont acte avec « La réelle hauteur des hommes », roman classé dans la catégorie « Romance ».

Mélanie, jeune illustratrice, ne commence pas sa journée sans avoir lu le billet de neuf heures du blog La Réelle Hauteur des Hommes. Elle ne veut pas se l’avouer, mais elle a le béguin pour Littlejohn, son auteur anonyme. Sa meilleure amie, Alice, se moque constamment d’elle. Comment avoir le béguin pour un homme qu’on n’a jamais vu, et qui écrit exactement ce que les filles en mal de Prince Charmant veulent lire ?

« Littlejohn » cache plus que son vrai nom derrière ce drôle de pseudonyme. La relation virtuelle qu’il noue avec Mélanie est aussi inattendue qu’enivrante. Mais plus ils se rapprochent, plus s’impose à lui la question : est-il prêt à se dévoiler ?

Cela dit, c’est quand même une vraie aventure pour moi, car la « romance » n’était jusqu’alors qu’un genre assez obscur (voire gnangnan), car trop souvent bipolaire : le scénario nous narrait quelques péripéties en accordéon entre deux personnes totalement différentes (voire opposées, ça sonne toujours mieux les contraires qui s’attirent), et ça se finissait par un gros bisou et le panneau « ils vécurent heureux avec beaucoup d’enfants » au générique final. Ou alors on avait droit à la mort d’un des deux (ou les deux) dans une scène déchirante censée marquer à jamais la puissance de leur amour dans un déluge larmoyant. Sauf que dans la vrai vie, on imagine bien mal le survivant terminer sa vie seul célibataire en faisant du tricot…
Il semble évident que Jo Ann a dû faire le même genre d’analyse (en moins bourrin surement), parce que sa romance sort de ces sentiers tout tracés, et s’intéresse tant à la formation du couple entre Mel et Littlejohn, qu’aux péripéties qui se trament après, celles qui se déroulent après, les fameuses affres du quotidien. Son texte s’attarde nettement sur l’évolution des deux personnages « grandis » par l’amour qu’ils se portent. C’est d’ailleurs à partir du moment où leur duo se forme que je me suis fait happer par le texte, me surprenant à lire un peu dès que je pouvais, ne serait-ce qu’une petite page en attendant l’ascenseur. Bilan, je l’ai bouclé en une poignée de jours.
Si j’ai choisi plus particulièrement ce texte, c’est principalement parce que les commentaires que j’ai pu en lire étaient tous des plus sympathiques. Et bien je pense qu’en fait, il est bien plus que cela. Son style simple et classique permet une immersion totale dans l’histoire, avec des personnages hyper « réels ». L’histoire évolue très facilement au gré des nombreux dialogues qui ponctuent le texte, et on peut facilement s’imaginer avoir croisé tel ou tel personnage dans la rue, ou au boulot, voire même à la maison (la scène de la réunion de famille chez la mère de LittleJohn m’a rappelé quelques souvenirs…).
Enfin, cette proximité avec les personnages est renforcée par un « tic » d’écriture de Jo Ann, à savoir que les personnages sont souvent, très souvent en train de manger. C’est tout bête comme idée, mais de voir les personnages évoluer de la sorte, cela permet de les ancrer bien plus facilement dans la réalité, à contrario d’un « Jack Bauer » (série 24h chrono), qui passe 24h sans boire, ni manger, ni même aller aux latrines, rendant le personnage complètement déconnecté de la réalité.

Bref, si la curiosité m’a poussé à lire ce texte, c’est enchanté que je ressors de ma lecture, avec en conclusion mon fameux « mince, c’est déjà fini » une fois le dernier chapitre avalé. Si ma pile à lire n’était pas encore si grosse (et elle ne va pas s’arranger avec Noël…), pour sûr je me serais déjà précipité sur une des autres œuvres de Jo Ann, la curiosité, tout ça…

Vous pouvez vous procurer ce roman sur le site des Éditions Laska

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