Winner-2014-Web-BannerHier soir, après une longue course de fond, j’ai enfin posé le point final à mon NanoWrimo 2014. Si je n’ai pas fanfaronné ici bas à partir du moment où j’avais dépassé les 50 K, et donc remporté le NanoWrimo, c’est parce que je savais que rien n’était fini, que je devais rester le nez dans le guidon et poursuivre sur ma lancée afin de boucler cette histoire qui m’étreint depuis fin juin désormais.
Et j’ai eu raison, car dès le calendrier de l’avent entamé, ma moyenne a terriblement chuté, divisée par 2.5 par rapport à mes temps de passage de novembre. Mais je me suis accroché, et après avoir repensé, repensé et repensé, et réécrit deux fois mon épilogue (une version cash pistache, une version « j’enfonce encore un peu plus mon héros », et la dernière, plus légère, plus « positive »), j’ai enfin pu poser hier soir, tard dans la nuit (on était même déjà ce matin d’ailleurs) le point final de cette histoire.
C’est le plus long projet, en terme de mots, que j’ai jamais écrit depuis que je me suis lancé dans ce genre de « loisir ». Cela augure quelques longues, très longues séances de corrections, de réécriture, et d’Antidote qui risquent de donner du baume au cœur des associés des usines Advil et Doliprane.
Car le premier jet, si c’est une aventure en soi, ce n’est que le début du commencement. Place désormais au travail de correction, de relecture, de torture et d’éviscération de mon texte, afin de le rendre un tant soit peu présentable.

En ce qui concerne le Nano en tant que tel, je suis extrêmement satisfait de ma production. Au niveau du rythme (2 000 K par jour), j’ai pulvérisé mes records. Tout cela n’aurait certainement pas pu se faire sans le précieux concours de la « Dream Team » du chat du forum « Mille-feuilles », avec laquelle j’ai passé des soirées et des week-ends à me battre à coup de Word-War, le tout dans la joie et la bonne humeur.
Mais aussi, ce rythme a été facilité par tout le travail fait en amont de préparation. Certes, j’avais déjà plongé dans la chose durant l’été via le CampNano. Mais à la rentrée, j’ai repris toute la structure de mon histoire selon la méthode dite « du flocon », qui m’a permis d’obtenir un synopsis complet et un plan détaillé, carte de route facile à suivre, permettant d’empiler les mots sans craindre de trop déraper.
Et pourtant, j’ai dérapé. Alors que j’avais tout bien suivi à la lettre, un personnage m’a totalement échappé à quelques encablures de la fin, me forçant à changer totalement ma scène finale. De deux lieux prévus, il n’y en a plus qu’un seul, et d’une scène d’évasion furtive, c’est devenu une bataille rangée des plus jouissives à écrire.

Rendez-vous pour le Nano 2015, déjà dans les tuyaux, avec la suite de cette série, dans une sorte de road trip au cœur du pays des nains… Enfin, c’est ce qui est prévu 😉

Nano

Quelques chiffres, en attendant les mots :

NB total de mots : 113 043 (plus long projet jamais écrit à ce jour). Dont :

    • CampNano 2014 : 40 205
    • NanoWrimo 2014 : 60 795
    • NanoFimo 2014 : 12 043

Détail de la progression au cours du mois de novembre :

détailnano

Un dernier extrait, pour la route :

Je me concentre plus avant sur le vieux personnage qui semble accaparer l’attention. Pour ma part, je ne l’ai jamais vu, aussi loin que remontent mes souvenirs. Pourtant, vêtu de la sorte, et accompagné d’une telle cohorte de soldats, il ne peut être… Diantre ! Par la grande barbe de Kazadrïne !
— Le sénéchal Ribeau en personne.
J’ai pensé tout haut, si bien que tout le monde a entendu. Il se retourne vers moi, et me dévisage. Son visage n’affiche aucune émotion, aucun sentiment. De la pierre. Je sens que je vais me manger un sermon carabiné pour avoir risqué la vie de la moitié de son armée, et fais mourir l’autre moitié. Et puis l’argumentaire scabreux de Dauhlan et Ahriel est probablement arrivé jusqu’à ses oreilles, même si je doute qu’il se soit déplacé en personne uniquement pour me coffrer dans ses geôles.
Si c’est la première fois que je me trouve en sa présence, son action globale depuis sa nomination après la mort de son prédécesseur, notamment des restrictions de plus en plus draconiennes des libertés individuelles au nom de la sécurité, parle pour lui. C’est un personnage éminemment pas sympathique, qui ne tolère ni les échecs ni les écarts de conduite…
Je m’approche de lui, dans un silence de champs de bataille, une fois que tout le monde est mort. Notre premier vrai contact est du regard. Le sien est bleu azur, pénétrant, puissant, envoutant. Il dégage une sorte de dureté et de froideur, à l’image de sa sombre réputation.
Le mien est blessé, avec un œil au beurre noir, et les pupilles encore sanguinolentes.
Surpris, il me tend la main, pour me saluer.
— Monsieur Korto, est-ce bien vous ?
Je bredouille un « oui » faiblard tout en lui serrant mollement la main. Si j’avais su que je me trouverais en présence du troisième personnage de la cité, juste après le couple princier, je me les serai surement lavé après avoir vidangé dans les latrines. Heureusement pour moi, il ne semble pas s’en offusquer.

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