La ronde des plages 2014

afficheRDP2014
Dimanche dernier, j’ai participé à la course de dix kilomètres organisée par la ville de Menton : la ronde des plages. Une « classique » au niveau régional (30e anniversaire cette année), couru dans un cadre quasi idyllique (tout en bord de mer) pour un circuit propice à la chasse au chrono (terrain plat sur l’ensemble du parcours), pour peu que vous sachiez vous accommoder du soleil brulant de cette mi-mai.

Mais qu’allait-il donc faire dans cette galère ?
C’est un peu la question qu’on m’a plusieurs fois posée à propos de cette course. Difficile de faire une réponse courte, car les raisons de courir sont aussi nombreuses que celle de ne pas le faire.
Déjà, c’est sûr, je n’y suis pas allé pour briller tout en haut de l’affiche. Mon meilleur temps de référence est deux fois plus élevé que le temps du vainqueur probable. Mon seul objectif était d’en chier suffisamment pour l’améliorer. En chier oui, le terme est exact. Car on ne peut pas dire que je possède les prédispositions physiques pour briller dans un tel sport.
Déjà, physiquement, je n’ai aucun des standards requis pour l’endurance. Généralement, ceux qui brillent sont taillés comme des allumettes, avec le moins de poids possible à trainer. Pour ma part, je me trimballe avec au moins 5 kgs en trop (masse graisseuse), et je suis loin de ressembler à une allumette. Certes, je ne ressemble pas à un Vin Diesel ou un Stallone, mais le fait de pratiquer du basket demande certaines qualités (explosivité, répétition des sauts…), qui développent certains muscles qui deviennent vite des boulets quand on passe sur de l’endurance.
Et puis ayant été opéré du cœur à l’âge de 19 ans, j’ai aussi un rythme cardiaque qui devient vite problématique sur la durée. En effet, là où certains atteignent péniblement des 140 ppm au bout des 10 bornes, moi je suis déjà à 150-160 ppm au crépuscule du second kilomètre, et j’oscille entre 160 ppm et 170 ppm sur plus de la moitié du parcours. Alors oui, mon cœur pète la forme pour tenir sans problème ces fréquences-là (ne vous inquiétez pas, je suis suivi régulièrement par des professionnels), mais cette bride m’empêche de me faire violence d’aller plus vite, de me dépasser.
Alors les 1h08 min que j’ai fait le weekend dernier sonnent comme un temps des plus sympathiques pour ma part (on peut même gratter une petite minute à ce temps-là, puisque c’est le temps pistolet, et avec la foule, ma course n’a commencé qu’une bonne minute après le top départ). Cela dit, mon objectif à plus ou moins long terme c’est d’approcher l’heure, voire d’aller en deçà, pourquoi pas.

Si j’ai donc participé à la ronde des plages, tout comme j’avais déjà participé au Monaco Run et deux fois au 10 km de Nice, ce n’était certainement pas pour briller. C’était pour faire un temps, pour m’étalonner, et puis aussi pour accompagner les potes qui y participaient, avec eux des objectifs temps plus valorisant (- d’1h et – de 53 min).
D’ailleurs, j’avais fomenté une stratégie de course basée sur les deux autres membres de la team des Nuteliños qui courraient avec moi. Prendre la roue du plus rapide, resté scotcher à son dossard un maximum, un voire deux kilomètres si possible. Puis serrer les dents jusqu’à ce que le second me rattrape. Prendre à nouveau son rythme jusqu’à rallier la mi-course. Ensuite, sortir les rames et espérer que la ligne d’arrivée vienne vite.
Évidemment, ma stratégie a exposé dès les premiers dix mètres. Le rythme de mon premier lièvre est très vite apparu comme étant insuivable pour moi, enfin surtout dans l’optique de survivre au premier kilomètre. Je suis donc parti vite, mais sans lièvre, avec pour objectif de doubler un maximum de monde durant le premier kilomètre. Une fois le paysage écrémé et le peloton étiré, je me suis calé dans mon rythme de course naturel, légèrement plus soutenu que d’habitude, cherchant des « lièvres » parmi ceux qui irrémédiablement me passaient devant, attendant le second membre de ma team, qui est parti à son rythme, et qui donc devrait obligatoirement me passer devant…
Ou pas. Faute au soleil, à la chaleur, à un peu de stress aussi peut-être, jamais je ne reverrai son dossard avant la ligne d’arrivée. C’est donc seul que je vais ramer jusqu’au bout, à l’agonie sur les trois derniers kilomètres (cette ligne droite jusqu’au poste frontière n’en finissait pas), mais porté par les spectateurs, encouragé même par pas mal d’entre eux. En effet, j’ai eu l’immense idée de mettre un maillot de l’AS Monaco pour courir, celui de Toulalan, et sur tout le parcours j’ai entendu, à mon intention, des « Aller Monaco », qui faute de me faire courir plus vite, m’ont fait chaud au cœur et m’ont permis de tenir, là où durant mes entrainements, je me serai certainement mis à marcher à un moment où à un autre.

Dans les derniers hectomètres, j’ai pu augmenter un peu mon rythme, porté par la vision de cette ligne d’arrivée toute proche, et par le temps fort sympathique qui m’était promis. 1h08m donc, temps ridicule m’assurant une place parmi les 200 derniers, mais qu’importe, je suis allé au bout, dans les limites de mes moyens. J’ai cette (intense) satisfaction-là, et personne ne pourra me l’enlever. Et puis désormais, j’ai un temps de référence, et donc la possibilité d’établir des objectifs à moyen ou long terme. Perdre les 5 kgs qui dépassent, courir toutes les semaines, tout en variant les plaisirs (terrain plat et/ou bosselé). Et préparer au mieux les prochaines courses, en fin d’année avec la course de Noël à Monaco, et l’an prochain avec diverses échéances où j’aimerai bien participer, pour en chier encore et toujours…

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