cieldorageJe n’aime pas les nouvelles ? C’est ce que j’ai dit dans ma dernière chronique sur « Going Wild ». Et ben tant pis, je m’en suis lu une autre juste derrière. Et pas que, puisque j’ai rattrapé une grosse partie de mon retard sur le projet Bradbury (une nouvelle par semaine sur 52 semaines…mais on en reparle très vite).
Mais ce coup ci, la nouvelle sur laquelle je me suis penché c’est un truc plus dans mes cordes : un policier, avec un lointain rapport sur « Jack l’éventreur » (au passage, faudrait que je me refasse le très bon « From Hell » sur le même sujet). Et puis surtout, l’auteur, Gabrielle Massat, aka la Belette sur le forum Co-Lecteur, est une des sympathiques rencontre que je me suis fait l’an dernier sur ce forum fort utile (et agréable aussi, oeuf corse…), et l‘éditeur, c’est aussi une autre sympathique rencontre sur les réseaux sociaux
Bref, les signaux était tous au vert au moment où j’ai attaqué les premières pages. Et là, ben toujours pareil, c’est encore trop court, ça se finit trop vite …

Non c’est vrai. C’est frustrant les nouvelles en fait. Quand elles sont bien, la fin arrive toujours bien trop vite. Et là du coup, on se dit « pourquoi ? » et on ressasse toutes les questions laissées en suspens, les passages qui auraient mérité plus de détails, la scène finale qui arrive trop vite, le dénouement expédié en quelques paragraphes … Pour le coup, je pense que le personnage principal, et l’histoire, méritaient mieux qu’une simple nouvelle.

Le lieutenant Jacques Pinto, pilier de la brigade des mœurs de Toulouse, s’apprête à raccrocher les gants avec un peu d’avance sur le planning : des événements récents l’ont décidé à demander son départ en préretraite. Il est en train de trier quelques papiers dans son bureau quand un jeune borgne vient lui demander des comptes sur une certaine Lyudmila Zakaïev. Avec quelques bonnes cartes en main. Mais cela suffira-t-il à convaincre l’éventreur des mœurs de mener une dernière enquête ? Qu’a-t-il à perdre et à gagner dans ce baroud d’honneur ?

La trame est assez classique. Un vieux flic au bord de la retraite (« je suis trop vieux pour ces conneries »), adepte des blousons en cuir, qui va à l’encontre de ses supérieurs pour boucler une affaire qui lui tient à coeur dans un dernier baroud d’honneur sentant bon la sueur et la chevalerie. Classique, remâché, vu et utilisé très (trop) souvent dans d’autres textes, films etc etc…
Mais pour autant, on retrouve aussi un paquet de bonnes idées, comme le coté « papa célibataire » du héros (très bien pensé), l’histoire des sucres (j’en dirai pas plus, moi j’ai trouvé ça fun), et puis surtout, c’est assez bien senti d’avoir retourné le thème de Jack l’éventreur, d’avoir collé la chose sur le flic plutôt que sur le vilain. Même si au final, on ne saura pas vraiment le pourquoi du comment.
De plus, la belette a choisit un point de vue qui me plait à plus d’un titre : la première personne. C’est à travers les yeux du personnage principal que se déroule l’histoire. Ca rend le récit un peu plus nerveux je trouve, plus vivant aussi. Et on s’imprègne plus facilement du personnage principal, et de son « background », qui là encore est bien posé, malgré la petitesse du nombre de mot pour l’exposer.

Bref, encore un bon (court) moment de lecture, avec un sympathique texte d’une sympathique auteur. Si le texte est très bon de part l’ambiance qui se dégage, de par les personnages bien ciblés et les quelques bonnes trouvailles, il n’en reste pas moins qu’il est trop court, et que l’on sort de là avec pas mal d’interrogations, dont une principale : pourquoi ce surnom, « l’éventreur des moeurs » ?

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