GoingWild_petitGoing Wild est une nouvelle, publiée aux Editions Laska, spécialisé dans la romance.
À la présentation de l’œuvre, j’ai déjà une cagette pleine de raisons pour ne pas lire cet ouvrage. Déjà, c’est de la romance, et donc aux antipodes de ce que je lis habituellement. Ensuite, c’est une nouvelle, et je pense qu’il n’y a rien de plus frustrant qu’une nouvelle. Si elle ne fonctionne pas (fond, forme, ambiance), la taille du texte fait qu’on est vite frustré par tous les manques qui vont nous sauter à la figure. Et si elle est prenante, le texte sera par définition forcément trop court.
Et puis surtout, c’est un texte sur des loups-garous, genre vu et revu, fait et refait, mâché et dégluti jusqu’à plus soif ces derniers temps. Je n’ai rien contre les loups-garous (j’adore la saga « Underworld » qui leur rend un superbe hommage), j’aime bien leur mythologie, les origines, et les différentes ouvertures possibles, mais je trouve que depuis la saga Twilight, on en fait trop sur ces créatures, qui comme les vampires, sont mangés à toutes les sauces, quitte à devenir des sous-produits Macdo de la littérature contemporaine, vite grignotés, vite avalés, vite flatulés.
Et pourtant je me suis procuré et j’ai lu ce texte. Principalement parce que son auteur, Xenja, est une de ces sympathiques rencontres que j’ai faite l’an passé sur le forum Co-Lecteur (qui s’est ensuite poursuivi sur Facebook). Et puis aussi parce que malgré tout ce que j’ai pu écrire juste avant sur les nouvelles, les loups-garous et tout le reste, elle a su trouver un angle d’attaque qui a fortement piqué ma curiosité : il s’agit là d’une romance gay, dite « romance M/M ». Et c’est ce vrai coup de griffe d’originalité qui m’a décidé à me plonger dans ce (trop) court texte.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce texte m’a beaucoup plus. Effectivement, cette nouvelle est franchement bien trop courte, et j’aurai bien aimé que le sujet se prolonge un petit peu plus, histoire de rallonger un peu le moment où arrive à la scène finale. Mais c’est une nouvelle, avec tout ce que cela comporte en terme de taille et de détails. La « courte » histoire est assez prévisible, le chemin parcouru par Stephen, le personnage principal, est facile à deviner, et la « chute » est très attendue.
Au niveau de l’ambiance par contre, le travail est excellent. En à peine quelques phrases, Xenja pose son univers et y plonge totalement le lecteur. C’est d’autant plus remarquable que la chose n’est pas forcément évidente dans ce genre de texte au format court. L’immersion est totale et on s’attache rapidement aux personnages.
L’autre grande force de l’œuvre, c’est l’originalité du traitement. Le côté « romance » est vu à travers le prisme des loups-garous, et impose de la sorte un petit côté « bestial » extrêmement bien vu. La relation entre les deux protagonistes, l’évolution de leurs sentiments (et du reste) est traitée selon le regard des « loups », si bien que par moment, on ne sait pas trop si on a affaire à la version « humaine » des personnages, où à leur version à poil sous la pleine lune. Cela donne un côté original et sympa à l’histoire, qui enlève aussi certains aspects « lourds » d’un texte de romance traditionnel.

« Going Wild » est donc la chouette découverte de cette fin d’année. Il se murmure qu’une (ou plusieurs) suite est prévue, afin de développer un peu plus cet univers, et de donner plus de consistances à ces personnages plutôt sympathiques. La romance, c’est clairement pas mon truc, mais j’y retournerai bien volontier pour le coup. Et c’est peut être là, la principale réussite de cette nouvelle…

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