Jésus contre Hitler, saison 1, par Neil Jomunsi

En ce dernier jour de la semaine, je cloture en beauté mon petit tour d’horizon de mes lectures numériques récentes. Et pour ce dernier, je ne pourrais conclure autrement que de la façon si suave qu’ont nos voisins de la perfide Albion : ze last, but note ze liste… Le dernier, mais pas le moindre, au contraire. Malgré toutes les qualités affichées par les œuvres que j’ai chroniqué cette semaine, s’il y en a une que je garderai, c’est bien celle là. Car j’ai avalé les trois volumes de cette Saison 1 de « Jésus contre Hitler »en un peu moins d’une semaine, prenant un panard de fort beau gabarit devant les trépidantes aventures du fils de Dieu et de son pote Goldie face à un Hitler tout en moustache, plus déchainé que jamais.


Jésus, Hitler, une série, des zombies… Quel est donc que cet ovni littéraire ? Rien de plus que ce qui est écrit messieurs dames, le titre et la couverture sont sans équivoque, quitte à ne s’embarrassent d’aucun gant à l’heure de froisser la susceptibilité des catholiques et autres historiens purs et durs. Mais casse l’âne Étienne, le pitch du premier épisode est pire.

Sibérie, fin des années 60. Grâce à la magie noire, le sinistre Adolf Hitler est de retour, plus dément que jamais. Son plan? Ressusciter le plus de cadavres possible et constituer une armée de zombies nazis invincibles! Pour certains, il s’agirait de la Fin du Monde. Pour d’autres, c’est simplement le début d’une nouvelle journée de travail.
Car John J. Christ, chef de l’Agence B, connait bien le problème: il a plus d’une fois affronté le petit moustachu hystérique et sait comment déjouer ses plans démoniaques.
À l’aide de son nouveau coéquipier David Goldstein, qui se demande bien pourquoi on a absolument tenu à l’incorporer dans cette unité délirante, John va faire ce qu’il sait faire de mieux: botter les fesses des créatures de cauchemar, des monstres des abysses, des esprits frappeurs et autres méchants en tout genre.
Ha oui, on ne vous avait pas dit? John J. Christ n’est autre que Jésus, le seul, le vrai, l’unique. Et il est en colère.

Pas de gants donc, mais un second degré qui s’écoule par tous les pores du texte, accompagnés de clichés et de références qui ne font que renforcer l’ambiance et la tonalité globale du texte. Un soldat Juif pour affronter Hitler, c’est d’une logique historique assez jouissive, brute de décoffrage, avec un petit côté Tarantino non feint. Un grand final en Sibérie, c’est là aussi très cliché Hollywoodien, mais ça donne un côté classe et épique non négligeable.
Mais surtout, dans « Jésus contre Hitler », il y a du « Hellboy », et la filiation est clairement assumée. Fan de la bande dessinée, j’ai retrouvé tout un tas de références dans les lignes de Neil Jomunsi. Les nazis, l’ambiance post-guerre, et surtout les monstres. Le second opus est celui qui transpire le plus les références, allant même jusqu’à tirer un peu du côté du film, la bête finale tentaculaire n’est pas sans rappeler celle du grand final du premier film de Del Toro.

Vous connaissez Cthulhu? Pour vous, il ne s’agit peut-être que d’une création imaginaire de H.P. Lovecraft. Mais John J. Christ, lui, le connait bien: c’est une vieille connaissance. Alors, lorsque le démoniaque dieu poulpe décide de se réveiller pour semer la terreur sur la planète, il faut agir et vite! David Goldstein, le fidèle bras droit de John, ne le sait que trop bien: depuis peu, les rêves du militaire sont peuplés de créatures de cauchemar. Y aurait-il un lien avec l’Apocalypse à tentacules en préparation? C’est ce que nos deux comparses découvriront. Mais pour mener à bien cette mission, il leur faudra de l’aide. De l’aide hautement qualifiée…

On se retrouve donc en plein milieu d’un nouvel épisode surréaliste, avec un Dieu tentaculaire sortie du fin fond de la littérature du début du siècle dernier, un personnage qui va surgir du même moule (je n’en dit pas plus pour ne pas briser le sceau de la surprise), des soldats du démon aussi grotesques que monstrueux (la course avec les pieds palmés est à hurler de rire), et l’arrivée d’une petite touche féminine, même si là encore, c’est à la sauce Jomunsi, ce qui n’est pas sans surprises.
Sorti du même moule ++ que le pilote, j’ai tout de même relevé une autre référence qui m’a bien fait sourire, c’est la fuite d’Hitler à la fin de chaque épisode. Le procédé, répété sur ce second volet, ressemble fortement aux fuites du Dr Gang à la fin de chaque épisode de l’inspecteur gadget, après que ce bon inspecteur ai fait déjouer son plan machiavélique. Cela donne un petit côté cartoonesque au vil méchant moustachu, renforçant l’aspect « série » des textes.
Ce côté série qui va atteindre son climax avec l’annonce du troisième opus dès la fin du second, avec là encore, l’arrivée d’un monstre du folklore populaire, le tout dans une ambiance de fin du monde.

Le Tibet est une terre pleine de mystères et Lhassa — sa capitale — une ville qui renferme de lourds secrets. Et c’est un véritable nid de vipères qui attend John J. Christ et David Goldstein à leur arrivée: il leur faudra aussi bien composer avec les troupes chinoises qu’avec des créatures beaucoup plus coriaces… et poilues! Car ici, au pied des imposantes montagnes de l’Himalaya, le Yéti n’est pas qu’une vieille légende servie aux touristes en mal de sensations fortes.

Afin de ne pas être tenté de sombrer dans du spoilage actif, je ne vais pas trop m’attarder sur ce dernier épisode, dont la fin moins cartoonesque plonge vers un côté un peu plus sombre, un peu plus sérieux, explorant par là même une autre facette des références à la série « Hellboy », qui n’est pas que ce gros type rouge débonnaire qui doit affronter des créatures diverses et variés, mais qui a aussi une vrai et lourde responsabilité vis-à-vis de l’humanité toute entière.
Les héros apparaissent plus fragiles, Hitler encore plus sombre et machiavélique et le cliffhanger final annonce une saison 2 qui va partir sur les chapeaux de roue.

Pour tout mettre dans une coquille de noix (toujours selon les perfidalbionistes), je dois avouer être un peu jaloux, car c’est le genre d’idée délirante qui m’aurait bien fait triper de traiter. Cela dit, pas sûr que j’eusse le talent qu’il faut pour écrire ces histoires telles que l’a fait Neil Jomunsi. « Jésus contre Hitler » c’est à prendre au 14 ème degré, c’est drôle, tripant et extrêmement fendart.
Et comme d’habitude avec les Studios Walrus, la lecture est d’autant plus agréable que l’ebook est techniquement très abouti.

PS : Je sais très bien que l’auteur de cette merveille de série doit avoir de l’imagination à revendre, mais pour les prochaines saisons, pourquoi ne pas partir en Ecosse se mettre une murge du côté du Loch Ness, aller à Denver dans le Colorado pour affronter le dernier des dinosaures, se noyer dans une avalanche de foie gras en plein milieu du Gers, après avoir maté la bête du Gévaudan … Bref, il y a de la matière lourde…


Pour vous procurer l’intégralité de la série… 

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4 commentaires sur “Jésus contre Hitler, saison 1, par Neil Jomunsi

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