Monument, par Ian Graham

La plupart des histoires de fantasy parlent de héros accomplissant des quêtes légendaires, de grandes batailles contre de vils ennemis, de nombreuses créatures bêtes, moches et méchantes au cœur d’un bestiaire varié… Et puis il y a ce « Monument », écrit par Ian Graham. Un roman de pur fantasy qui sort pourtant très largement des sentiers battus.

Ici pas de quête, pas de héros dégoulinant de bons sentiments, pas de fraternité exacerbée, ni de gloire purulente. Ce « Monument » parle de Ballas, un anti-héros pur et dur, plus dur que pur d’ailleurs.

Ballas est un colosse, un poivrot et un vagabond. Dans ses yeux, il n’y a que de l’avidité et dans son cœur, que de l’amertume. Ce n’est pas le genre d’homme taillé pour la légende, juste pour une tombe anonyme. Du reste, plein de gens sont disposés à raccourcir son séjour sur terre ! Du coup, quand un jeune prêtre le sauve d’un tabassage dans la rue, Ballas ne sait pas comment réagir à un tel acte de bonté. Il préfère le trahir en volant ceux qui lui avaient offert l’espoir. L’objet que Ballas a dérobé peut aisément être caché sous une cape, mais ce n’est pas le genre de babiole qu’on peut vendre sur un marché contre un bol de soupe… C’est un artefact qui poussera toute une armée à le pourchasser et mènera le monde au bord du chaos.

Ainsi, point de quête dans ce texte, point de héros, point de tout, en quelques sortes. Ballas est un gars en fuite. Un gars, car on ne peut pas vraiment parler d’humain pour cette chose immense, sans aucune moralité, ni aucune compassion. Buveur, menteur, meurtrier, ce anti-héros multiplie les traitrises et les exactions avec un seul but : survivre, alors que toute une nation veut le voir disparaitre à tout jamais. L’auteur ne nous apprendra rien, ou presque, sur les origines et le passé de Ballas. Le lecteur est forcé de le prendre brut de décoffrage, dans toute sa grosseur et son inhumanité.
Le côté « fantasy » se situe au niveau de la magie, partie importante, voire pivot, de l’œuvre. Ainsi qu’en une race de créature « non-humains » que le lecteur croisera de façon très épisodique. Et ça sera tout.

Pourquoi donc s’attacher à une œuvre dont le personnage principal est sordide à souhait, et dont le chemin n’est que désolation et malheur ? Tout simplement parce que Ballas a un coté de très humain dans son attitude, dans son comportement. Il s’agit d’un inadapté au physique surdimensionné qui tente de vivre dans un monde qui le rejette. Il ne pense qu’à lui. Les conséquences de ses actes n’obéissent qu’à son bon vouloir. Il ne veut qu’une chose : survivre. Qu’importe le prix, qu’importent les autres, qu’importe le reste. Et quelque part, c’est très humain comme attitude. Et c’est pour cela qu’au fur et à mesure que l’œuvre avance, on se prend d’envie de le voir réussir. Malgré tout, on espère voir sa fuite couronnée de succès.

Tout « débutant » qu’est Ian Graham, son « Monument » est un vrai monument. Un texte qui happe le lecteur dès les premières lignes, et qui force à y retourner encore et encore jusqu’au dénouement final. De la fantasy sombre, hors des sentiers battus. Une bouffée d’air frais quelque part, dans un genre qui parfois, a du mal à proposer des choses nouvelles.


Pour vous plonger au coeur de ce monument de lecture…

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