L’an passé, le 1er octobre 2011 (01/10/11, jour binaire) j’avais programmé le réveil à 8h00 du matin. Mais ça faisait une plombe que je tournais dans mon lit, à peine moins stressé que la veille. Je me suis souvenu que j’avais des invités qui dormaient à la maison. Alors je leur ai offert un réveil en fanfare avec la musique de Star War à fond… Je n’ai même pas réussi à les faire tomber du lit.
Bref dans quelques heures, je me marie.

On est arrivé à la Mairie. Petit miracle, on n’avait rien oublié et tout le monde était à l’heure. Juste avant de pénétrer dans la salle de mariage, mon futur beau-père m’attrape et me demande le plus sérieusement du monde :
« Mais dis-moi, tu ne m’as jamais demandé la main de ma fille ? »
Je l’ai regardé, il m’a regardé, je l’ai regardé, il m’a regardé, j’ai fait « beau temps n’est-ce pas ». Comme ça semblait pas trop lui plaire, j’ai répondu :
« Mais si, je vous ai envoyé un SMS, vous ne l’avez pas reçu ? »
Durant la cérémonie civile, après que nous avons tous apposé nos autographes sur les registres, mon désormais beau-père s’est fendu d’un petit discours. Il a évidemment reparlé de cette demande en mariage non faite dans les règles de l’art. Tout le monde a rigolé
Bref, je ne lui ai jamais envoyé de SMS.

Ensuite, nous sommes allés faire des photos dans la cour d’honneur de la mairie. Puis, chassés par le fonctionnaire-appariteur pressé de rentrer chez lui, nous sommes allés dans les jardins du Musée Océanographique. Il faisait chaud, les gens avaient faim. Les photos de groupes terminés, nombreux sont les gens à partir se restaurer. Il ne restait plus que les mariés, et nos merveilleux copains (enfin, pas tous).
Nous sommes allés à côté d’une fontaine, bien à l’ombre pour prendre des photos. Mais seul le photographe nous a suivis. Les autres sont restés plus bas. On les a appelés, ils n’ont pas répondu, on a fait des photos, ils ne sont pas venus. On a attendu, il n’était pas là. Je suis allé voir ce qu’ils faisaient, je les ai vus en train de se trémousser et de danser…
Bref, je n’ai rien compris du tout.

Puis, on est rentré à la maison avec une partie de la troupe. J’avais prévu une petite pizza pour tout le monde, mais ça ne suffisait pas. Georges, notre photographe chauffeur à tout faire s’est ramené avec une énorme pizza achetée chez un marchand de sa connaissance. Comme ce moment de détente était festif, j’ai débouché une bouteille de muscat. On a mangé, puis on a bu. Puis on a encore mangé. Puis on a bu. Puis Georges est parti faire la sieste. Puis j’ai bu. Malgré le stress, j’étais bien.
Bref, on a torché la bouteille de muscat

Georges est parti jouer les chauffeurs. Avec le reste de la troupe, nous sommes partis en direction de l’église, qui se trouvait à 10 minutes à pied. Quand nous montons dans l’ascenseur, j’ai eu un moment d’hésitation : ne sommes-nous pas trop lourds ? La porte s’est fermée, et je me suis dit que c’est le signe qu’il est OK pour partir. Il est parti, mais en fait, n’est jamais arrivé. L’ascenseur s’est immobilisé, et nous étions à l’intérieur. Mes potes m’ont regardé, je les ai regardés, ils ont soufflé, j’ai commencé à transpirer, la mouette a mis une chanson de Francis Lalane pour détendre l’atmosphère. Au bout de dix minutes, j’ai dit « de toute façon, le mariage ne peut pas commencer sans moi ». Tout le monde a rigolé, mais un peu jaune.
Bref, on était coincé dans l’ascenseur à 30 minutes de la cérémonie.

Nous avons été secourus, et la cérémonie a pu commencer à l’heure. Le prêtre, au courant de nos petits déboires d’élévateur, improvise une partie de son discours pour nous parler de l’ascenseur de l’amour qui ne doit pas rester bloquer entre les étages. L’assemblée écrase un rire. Moi je ris jaune.
Puis est venu le moment de l’échange des anneaux. J’ai dit chouette, on va enfin voir Frodon. En fait, ce n’était pas ça. Ma femme s’est avancée vers moi. On a parlé dans un micro. Puis je l’ai regardé. Elle m’a regardé. Je l’ai regardée. Elle m’a tendu une main, je lui ai mis l’alliance. C’était la mauvaise main. J’ai fait de même. Elle s’est rendu compte qu’elle m’avait tendu la mauvaise main. Et pendant que le prêtre nous bénissait, elle essayait de changer l’anneau de place. L’espace d’un instant, je me suis demandé ce que ça ferait si elle le faisait tomber.
Bref, à trente ans, je ne sais toujours pas différencier la droite de la gauche, et encore moins à l’envers.

Une fois la cérémonie religieuse terminée, on a bu une coupe de champagne sur le parvis de l’église. Puis nous sommes allés à la Roseraie prendre des photos. Il faisait moins chaud, donc les gens étaient plus enclins à faire des photos avec nous. On a fait des photos de dos, de face, de profil, sur l’herbe, sur un banc, à côté d’une fontaine, sur un pont, sur un pied, sans les mains, sous une tonnelle…
À l’aller, nous avons fait du stop. Malheureusement, personne n’a voulu s’arrêter pour prendre un type en costard blanc dansant une gigue et une Madame en robe de marié levant la jambe. Au retour, nous avons croisé Felipe Massa, le pilote de Formule 1, qui rentrait d’un footing. Ma femme a discuté avec lui, il nous a félicités. Puis on est parti.
Bref, on a oublié de prendre une photo avec Felipe Massa…

La soirée s’est très bien passée. Il y a eu beaucoup de champagne au début, et beaucoup de délire au milieu, et plein de déconnade à la fin. Nous avions des invités de prestige, Freddy Mercury et son pantalon taille 36, Lady Gaga et Beyoncé, Jean-Michel Jarre et son furieux accent belge, une blondasse avec un furieux accent de Jean-Michel Jarre, Michael Mourihno gueulant après l’arbitre, les Daft Punk, Francis Heaulme, Hubert Bonnisseur de la Bath, un gâteau pétaradant au son de l’agence tout risque, une démonstration de LMFA en direct de Tahiti…
Bref, il y avait du beau monde à la fête.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais on continue encore à parler et à reparler du mariage. Au détour d’une photo, au détour d’une musique, au détour d’un souvenir, souvent les gens qui étaient présents viennent me reparler de cette belle journée, un feu d’artifice dans les yeux. Il y a aussi ceux qui, en voyant les vidéos, nous disent « putain fait chier de pas avoir pu venir ». Il y a enfin ces vestiges que l’on conserve malgré le fait qu’ils prennent la poussière, ce livre d’or écrit à l’encre de l’amour, et ces quelques reliques qui nous remplissent d’émotion quand on tombe dessus au détour du haut d’un placard.

Bref, il y a un an, on s’est marié. Et c’était bien !

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