L’œil du tigre – Tony Anthony

En octobre dernier, je me suis marié. Ô joie, ô grand moment qui restera fort longtemps gravé dans ma mémoire (et apparemment dans celle de pas mal de monde présents ce jour-là, vu les échos que je reçois, encore même en début de mois). Ce jour-là, nombreuses furent les personnes à nous offrir, en plus de leur amour, un petit quelque chose. De la monnaie sonnante et trébuchante qui nous a permis de nous offrir une lune de miel formidable, nous avons aussi eu droit à une caisse de vin d’un très bon cru. Enfin, j’ai reçu une bible, ainsi qu’un livre, intitulé modestement « L’œil du tigre ».

La lecture de ce texte m’a à la fois beaucoup étonné, mais aussi quelque part, je m’y attendais. Pour situer le contexte, il faut savoir que la bible et ce livre étaient dans le même paquet, offert par mon cousin dont la foi et la force de conviction m’ont toujours assez impressionné. Je m’attendais donc à un livre tournant autour de la religion catholique.
Et quelle ne fut pas ma surprise quand, à la lecture du quatrième de couverture ainsi que des premières pages, je me retrouve plongé dans une histoire qu’affectionnait Van Damme à ses débuts, du genre karaté kid, avec un jeune métisse chinois qui se retrouve seul chez son grand-père qui va lui apprendre le kung-fu avec des méthodes plutôt moyenâgeuses. S’en suit une série de scènes du genre « clichés », des tournois dans des vieux hangars, la rencontre avec un tigre blanc en pleine forêt, le sauvetage d’une fille capturée par des méchants locaux. Le garçon en question, Tony Anthony, est ensuite rapatrié en Angleterre, où il deviendra garde du corps. Là encore, le texte se vautre dans le cliché, une vie qui se désagrège petit à petit, une poursuite dans une ville du golfe, une baston dans un bar, et pour finir, passage par la case prison, sans passer par la case départ ni toucher les 20 000 francs…
Cependant, à partir de ce point-là, c’est un tout autre livre qui commence. Si Tony Anthony n’est pas passé par la case départ, il n’en reste pas moins qu’il va passer par la case évangile. Enfermé dans une prison sordide à Chypre, solitaire sans famille, son seul contact avec l’extérieur va être un pasteur qui passera le voir pour lui parler de Jésus. Le pasteur n’abdiquera pas dans sa quête, et ce malgré les réticences et les blocages de Tony Antony. Au final, Tony Antony, après quelques évènements douloureux au sein de la prison, va trouver la lumière, ou tout du moins, se faire frapper par elle.
La suite, et la fin du récit décrit la transformation de Tony Antony, passant de taulard champion de Kung-fu à évangéliste prêchant la parole de Jésus de par le monde.

Au final, qu’est-ce qu’on en retient ?
Une légitime perplexité quant à la réalité du passé de Tony Anthony, à la fois exceptionnel et absolument pas vérifiable. L’abondance et l’enchainement des scènes « clichés » que l’on a déjà vues 150 fois dans les livres et dans les films ne prêchent pas vraiment pour une exacte véracité non plus.
Maintenant, face à ces doutes, il y a un certain recul à avoir : D’une part, il y a le coté romanesque qu’il ne faut pas négliger. Si les faits ont effectivement eu lieu, il est fort probablement qu’ils aient été « romancés » pour donner un peu plus de corps au texte. Et là ce n’est pas tant du mensonge que de la littérature.
De plus, si Tony Antony a menti, à quoi cela pourrait-il lui servir ? Pour se faire de la publicité ? A quoi bon ? Il n’est pas là pour auto-promouvoir une secte minimaliste centré sur le nombril de son fondateur, il est là pour faire véhiculer un message, qui ne concerne ni les mérites d’un tampon hygiénique, ni le gout authentique d’un hamburger chimique, ni le parfum subtil d’une poudre à laver le linge. Le message qu’il véhicule parle de l’amour de Jésus, il parle de paix intérieure, de soutien entre les êtres humains. Il ne fait pas ça pour lui, mais pour nous expliquer, comment, et pourquoi il a un jour été frappé par la grâce de l’évangile.
Chose que je fais rarement quand je lis un livre, je me suis même surpris à relire certains passages afin de bien intégrer certaines scènes, notamment celui de sa « conversion » dans la prison chypriote. De plus, je me suis beaucoup renseigné sur l’auteur une fois le livre terminé. Depuis cette histoire, il a fondé « Avanti Ministries », congrégation chargée d’apporter la parole Jésus de par le monde. Pour avoir parcouru leur site internet (et le blog lié de Tony Anthony), ils vont vraiment de partout, au Tibet, en Italie, en Afrique, et même récemment en Alsace, organisant des rencontres, visitant des prisons, des bases militaires …

Au final donc, ce que j’ai retenu, c’est une expérience, celle d’un homme loin qui vient de très loin, tant physiquement, qu’humainement ou spirituellement, et qui malgré un nombre assez important d’expériences malheureuses et dramatiques, a vu sa vie transformée parce qu’il a, de façon soudaine, décidé de consacré sa vie à Jésus.
Pour ma part, s’il est fort possible que toute la première partie du bouquin soit extrêmement romancée, je ne pense pas qu’il ait inventé cette histoire uniquement pour se faire de la publicité. Car ce livre n’est pas l’histoire d’un adepte du kung-fu, c’est celle d’un homme qui a trouvé la foi, et qui souhaite partager au plus grand cette nouvelle voie qu’il suit désormais. Pour le catholique que je suis qui se pose beaucoup de question depuis une quinzaine d’année, c’est le genre d’expérience qui a fait ressortir un paquet de vieux coffres enfouis et qui en fait, ne demandaient qu’à remonter à la surface…

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