Ce qui va suivre est un extrait d’un des nombreux projets que j’ai en cours, et que j’ai déterré ce weekend suite au vaste tri que j’ai effectué dans mes fichiers. Ce projet est pour moi une « récréation ». Je l’ai modestement titré « Vendetta », avec comme sous titre : « Comédie vengeresse en cinq actes, en vers, et contre tous ».

Oui, en cinq actes, car ce projet n’est ni plus ni moins qu’une pièce de théâtre, pièce que j’ai catapultée sur la terre de Wui, se déroulant dans les bas-fonds de la cité ancestrale de Moc (cf : les elfes ne vieillissent pas). Comme annoncé plus haut, si j’ai fait cela, c’est uniquement pour m’amuser. J’ai commencé à écrire ce texte sans réelle prétention, avec comme seule volonté celle de jouer avec les mots, et aussi de tirer un grand hommage à différentes choses. Hommage tout d’abord au genre théâtral, évidemment, et à certaines grands auteurs, comme Shakespeare, Edmond de Rostand, Molière, Corneille… Hommage aussi à la bande dessinée, notamment l’oeuvre d’Alan Moore « V pour Vendetta », un must du genre.

Evidemment, si je classe ce texte dans le rayon projet, c’est qu’il est loin d’être terminé. J’ai tout juste bouclé le premier acte, qui devrait, selon mon plan, être le plus court de l’oeuvre. Mais je ne boude pas mon plaisir à vous diffuser les premières scènes. La suite viendra, pour sur. La seule chose que je ne sais pas, c’est ce que je vais en faire une fois la chose bouclée. Mais à la limite, là n’est pas le plus grave.

Bonne lecture.

PROLOGUE

L’action se situe dans la belle cité de Moc. En ces temps là, le Prince Charles et la Princesse Bertine, et tout le petit peuple Mocien vivaient des heures bien sombres. La tranquillité de la mer bordant la ville n’est qu’un leurre : la cité-état, indépendante depuis des millénaires, est au bord du chaos.
Quelques mois auparavant, un violent attentat à l’encontre de la famille princière a été perpétré par un puissant mage armé de dragons et de magie noire, mais celui-ci a échoué de justesse, les barrières magiques du Palais princier ayant admirablement accompli leur office. Mais le traumatisme fut grand, la violence de l’attaque allant de pair avec la rareté des attentats dans cette ville d’habitude si paisible.
Dès lors, le Sénéchal Ribeau, l’aide de camps et premier ministre du Prince, s’évertue à protéger son monarque en faisant appliquer une loi martiale sévère et contraignante. Avec l’aide de ses ministres et de sa milice d’état, il fait tomber petit à petit l’enfer sur la ville, où la répression et les brutalités deviennent monnaie courante.
Le bon peuple Mocien se résigne à son sort, obéissant aux privations, fermant les yeux sur les exactions, convaincu que tout cela oeuvre pour le bien de son bon Prince, et pour assurer l’avenir de sa cité bénie des dieux.
Personne n’ose désormais plus se battre contre l’injustice …

PREMIER ACTE

CITE DE MOC : PLACE DES GRANDS MOULINS

Grande place où sont érigés les célèbres moulins de Moc. Située sur un plateau au bord d’une falaise, les moulins, au nombre de 23, sont séparé du précipice par un large chemin de terre, qui serpente dans la cité depuis la droite et la rue des Grands Moulins, rue commerçante et très vivante en journée, et qui file à gauche vers le boulevard Italique, quartier populaire résidentiel.
Le bord de la falaise est protégé par une barrière de rondins de bois qui épouse le précipice. Depuis ce promontoire, on peut apercevoir au loin une partie du quartier de la colline sur la droite, et notamment les nombreuses lumières en provenance du Clos. En contrebas de la falaise se trouve le quartier balnéaire, qui s’étend jusqu’au pied de la colline, avec ses nombreuses plages et ses restaurants, puis vient la mer qui s’étale jusqu’à se noyer dans l’horizon.
Derrière la place, on peut apercevoir quelques habitations fermières, des vergers avec principalement des citronniers qui commencent à fleurir en cette saison, puis la montagne, noyée dans une épaisse forêt, seulement zébrée d’un haut mur de protection datant d’une époque fort ancienne où repousser les ordes de Trolls sauvages était une activité quasi-hebdomadaire.
Au lever de rideau, les pales des moulins tournent, fouettés par le vent, grinçant légèrement. La nuit vient tout juste de tomber, il n’y a personne sur cette grande place, faiblement éclairée par quelques lanternes.

Scène 1
Un veilleur de nuit traverse la scène, brandissant une lanterne.

LE VEILLEUR (harassé)
Selon les lois de son Altesse Sérénissime
Charles Trois de Moc le très haut sublimissime
Il est advenu que tout piéton dès la nuit
tombée, doit rentrer séance tenante au logis
Pour laisser aux milices de notre sécurité
Préserver calme et paix dans nos rues désertées.
Tout les contrevenant seront des terroriste
Et condamné par les miliciens, seuls juristes
Rentrez chez vous mes braves gens, rentrez chez vous
La rue n’appartient plus qu’au silence et aux fous
Cachez vous les gueux, les va nu pieds et les chiens
La rue désormais est aux mains des miliciens.

Il s’arrête et agite sa lanterne

Rentrez chez vous mes braves gens, rentrez chez vous
La rue n’appartient plus qu’au silence et aux fous
Cachez vous les gueux, les va nu pieds et les chiens
La rue désormais est aux mains des miliciens.

Il sort

Scène 2
Korto et Zelda, parlant à voix basse, cherchant à se cacher.

KORTO
Tu ne devrais sortir en cette heure avancée
Restons chez moi, continuons à bavasser
Il en va de ta sécurité, c’est certain
Jamais personne n’a dit du bien des miliciens
Pour ma tranquillité, je te pris de rester

ZELDA
Cette particularité qu’est notre amitié
Bien plus que tu ne l’imagines, je la chérie
Mais j’ai des obligations, un travail au lit,
Garde ton sexe pour moi, mais je me dois de rentrer
Ton amitié remplacera point ses deniers
Ma situation souffrirai à rester ici
Mon mécène me rend visite tous les vendredi

KORTO
Le sexe avec toi n’est pas ma motivation
Mais ces miliciens…

ZELDA (le faisant taire d’un doigt sur la bouche)
Il s’agit de leur patron
Je me plaindrai à qui de droit s’il en font trop
M’agresser les mènera au fond d’un cachot
Tu oublie que c’est le ministre qui m’entretiens
Sous sa coupe, il ne m’arrivera vraiment rien
Protection, logement, liberté et richesse
Cela en échange de quelques parties de fesses
Écarter les cuisses et respecter toutes ses envies,
Sont les seules uniques contraintes que j’ai dans ma vie
Le reste du temps, j’adore être avec mon Korto
Te détendre quand tu es en plein dans le boulot
Mon enquêteur qui sait…

KORTO
C’est bon, j’ai compris, va !

ZELDA (lui prenant la main pour y déposer un baiser)
Merci de tout coeur !

KORTO
Mais sache que j’ai peur pour toi
La vie est sombre et les temps sont à la terreur
Et te laisser partir me semble être une erreur
Contre la volonté d’une femme point on peut aller
Cette fois si je crains…

Elle l’embrasse pour qu’il se taise

ZELDA (en se retournant)
Chut, il est temps de rentrer

Scène 3
Korto sort. Zelda traverse la place et tombe nez à nez avec trois miliciens

UN MILICIEN
Tenez donc, voyez le petit lot qui s’avance
Bravant la nuit, bravant la loi, bravant la chance
Mademoiselle, ce n’est pas l’heure de promener

ZELDA (surprise et effrayée)
Je ne… Ah… Le couvre feu… Je suis désolée.

UN SECOND MILICIEN
Tu ne devrais pas être là tu sais ma jolie
Le soir, on peut tomber sur n’importe qui
Sur des gens sans scrupules …

UN MILICIEN
sur des gens sans vergogne
Qui s’occuperaient de toi…

UN SECOND MILICIEN
de biens sales besognes

ZELDA
Je sais ses seigneurs, mais j’ai un vieil oncle malade
Qui a besoin de moi, car c’est la débandade.

UN MILICIEN
Un oncle malade, la belle affaire. Tu y crois toi ?

UN DEUXIEME MILICIEN
Non, mais j’en ai que faire, si elle s’occupe de moi.

ZELDA
Non !

UN MILICIEN (dégrafant son pantalon)
J’ai une chose bien malade entre mes cuisses

UN DEUXIEME MILICIEN
Oui, soigne nous !

ZELDA (plongeant la main dans son sac pour y sortir une petite dague qu’elle agite au nez des miliciens)
Touchez moi et payez le prix !
Vous vous attaquez à la bien mauvaise personne
Laissez moi partir et nous en resterons là
Car le matin c’est chez moi que les lords claironnent
Ce sera la potence pour qui me touchera

UN MILICIEN
Soit je me trompe, soit cette gente dame nous menace ?
Tu oublis les lois de la cité petite garce
Nous sommes les miliciens, et dès la nuit tombée,
Nous avons tout le loisir de faire appliquer
Toutes les sanctions que nous jugerons opportunes
de façon totalement légal, et pour une
Prostituée se baladant lors du couvre feu
Ta sanction sera de nous soulager un peu

ZELDA
Non ! Je suis désolé, messieurs, je dois rentrer.

UN TROISIEME MILICIEN (l’attrapant par derrière, lui bloquant les bras)
Tu es donc désolé ? Ma pauvre, pas encore, mais
Si au lever du jour, tu n’a pas le fondement
le plus désolé de Moc…

UN MILICIEN (s’approchant, le pantalon baissé, la main sur son sexe)
tu aura surement
Le petit cul le plus défoncé, c’est certain !

UN DEUXIEME MILICIEN
Les miliciens, on aime bien, et on châtie bien…

Zelda pousse un long gémissement de terreur alors que les deux miliciens commencent à la peloter et à arracher ses vêtements en ricanant.

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