Rares, très rares ont été les retours ne serait ce que moyen de la part d’amis et de connaissances qui avaient vu DRIVE. La seule vraie « critique » que j’aie pu avoir, c’est une « ouai, ça ne parle pas beaucoup » un tantinet léger. Intrigué, on l’a regardé ce weekend. Et il est vrai que ce film rentre directement dans la case des films à part, ceux qui marquent, et qui sont à voir, encore, et encore…

Pour mettre les points sur les « i » d’entrée de jeu : non ce n’est pas le film du millénaire. De toute façon, cette place est trustée par Fight Club, et je ne vois pas trop bien qui pourrait déloger le monstre de film de Finsher / Pahlaniuk de son strapontin en haut des cieux.
Mais si j’avais un top 10 des films qui sont super, je pense que Drive y aurait largement sa place. En y réfléchissant bien, je le collerai même sur le podium.
Car Drive possède un sacré paquet de qualités et de caractéristiques comme on en rencontre rarement au cinéma. La scène d’introduction pourrait servir de résumer à l’ensemble de l’œuvre, et pourtant, elle n’est qu’une merveilleuse mise en place à tout ce qui va suivre : un héros sans fioriture qui parle peu, des gangsters sous pression, un braquage aux forceps, et une voiture, le tout filmé à l’intérieur du véhicule, avec le bruit du moteur en fond sonore.
Passée cette scène, on se rend vite compte que ce film n’est pas comme les autres. Le mutisme du héros nous oriente vers un film « d’ambiance » (et quelle ambiance !), parsemée d’éclairs, les scènes de poursuite sont hyper réalistes et très prenantes, il y a des scènes parfois romantiques (la plupart des scènes entre Ryan Gosling [très très bon] et Carey Mulligan [excellente] sont poignantes), parfois presque gores (l’assaut donné à l’hôtel et la mort de Blanche sont excessivement sanguinolents), parfois même les deux, comme cette énorme scène dans l’ascenseur, qui la encore, se caractérise par une ambiance pesante, une musique aux petits oignons, un dialogue minimaliste, et une réalisation hyper poussée.
Car là est la force du film, c’est une œuvre d’art. Nicolas Winding Refn, le réalisateur, que je ne connaissais absolument pas avant ce film, nous propose un vrai petit bijou, les plans sont travaillés, les mouvements de caméra sont toujours extrêmement bien pensés, comme le héros, c’est sans fioriture, ni ralenti à outrance, ni effet délirant. C’est juste beau, hyper créatif, et sublime une histoire pourtant simple, mais qui cache néanmoins de nombreux thèmes, la dualité (tendresse/violence), la solitude, l’honneur, la fidélité…
Question ambiance, on est évidemment extrêmement bien gâté par la B.O. signée Cliff Martinez (Trafic, Solaris). Elle est en symbiose parfaite avec les images, et rares sont les scores à coller aussi parfaitement à la pellicule.

Difficile de trouver des défauts à ce film hors catégories. Une réalisation hyper créative mettant en valeur des acteurs parfaits dans un scénario sans fioritures, mais bourrés de thématiques, pour un film d’ambiance bardé de fulgurances. Drive est à voir, non pas comme un énième Transporter ou Fast and Furious, mais comme un film noir, sombre, mais qui une fois que l’on est dedans, on ne peut que se laisser conduire jusqu’à destination…

PS : Pour ceux qui me veulent beaucoup du bien, ils pourront me commander le beau blouson du héros à cette adresse : Steady Clothing

PS2 : Mes potes de SallesObscures.com ont réalisé un vrai dossier sur ce film, et ce dès sa diffusion au festival de Deauville : Drive a tout d’un film culte

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