[Flash-back] Ma croisade ! 3/3

De retour à la maison je suis. Avec en plus, trois grosses semaines de « vacances » at home, loin du boulot et de ses turpitudes. Je marche avec une seule béquille désormais, et tous les jours, je me rends à l’IM2S pour ma séance de kiné. C’est beaucoup plus agréable que Vallauris, bien mieux équipé, et ma kiné est sacrément plus sympa. J’attaque ici le gros de ma rééducation, les cinq prochains mois vont être extrêmement long, les déplacements compliqués, le timing serré, entre le retour du boulot, les séances de kiné et le ventre de Madame qui va prendre du volume (et les pizzas s’entasser dans le frigo). Et le mien aussi, par la même occasion.

Et ça va être long, très long. Les séances commencent par un peu de massages et d’étirements de la jambe opérée. Et les premières fois, étant raide comme un arbre mort, c’était fort douloureux. Ensuite, exercices de proprio, pour améliorer la stabilité du genou, et travailler les mouvements. Enfin, musculation sur les appareils de torture de la maison, et sur un vélo et/ou un elliptique. Séance d’étirements pour faire redescendre tout ça, puis vestiaire, douche, maison…
Ou boulot, car il va bien falloir revenir bosser et justifier mon salaire. Les premières semaines de retour au boulot sont assez compliquées, faute à certaines choses qui auraient dû être fait pendant mon absence, et qui ne l’ont pas été. Et oui, généralement dans cet univers là, la solidarité c’est à sens unique : toi tu te lèves le cul pour filer des coups de mains et dépanner (le service informatique, c’est moi), mais pendant mon absence, hormis le très courant obligatoire, personne n’a eu l’idée de venir faire en sorte que la pile que j’ai trouvée sur mon bureau en rentrant soit moins grosse. D’autant plus que mes journées de taf sont très courtes, puisque je coupe une heure ou deux pour aller faire ma rééducation.

Me baladant pendant quelques mois avec ma béquille, puis avec ma canne (une belle, façon docteur house), j’ai aussi eu la joie de voir le peu de considération des gens envers les personnes à « mobilité réduite ». Dans le bus, un petit vieux (à peine moins stable que moi) a engueulé sous mes yeux un jeune geek, le nez dans son Smartphone, parce que ce dernier n’avait pas vu qu’il devait me céder sa place. Une autre fois, toujours dans le bus, j’ai été bousculé par une petite vieille extrêmement pressée de sortir, alors que moi-même je tentais péniblement de m’assurer un passage qui me permettrait de ne pas avoir à retourner sur le billard. Enfin, dernier exemple, deux jeunes en plein milieu de l’allée du bus (et ouais, toujours le bus), en train de se rouler des pelles, que j’ai dû menacer de lui exploser la tronche avec ma béquille s’il ne se poussait pas pour me laisser passer (pour m’assoir un poil plus loin). Je crois qu’il doit encore faire des cauchemars.
Au rayon plus réjouissant, j’ai une cliente (une que je pourrais classer dans la catégorie des sympas) qui un jour me fait « avec votre béquille et votre barbe, on dirait le docteur désagréable qui passe à la télé en ce moment… » Moi je dois dire que question compliment, ça m’a touché au cœur.

La dernière étape de ma rééducation fut la session dite « des lapins crétins », avec des séances de rééducation avec uniquement du travail de saut à cloche pied sur des parcours plus ou moins variés, plus ou moins rectilignes. Fatigant et usant, surtout que ma balance affichait désormais au-dessus des 90kgs… Trois semaines avant le rendez-vous décisif avec le chirurgien pour le feu vert concernant le sport, j’ai eu droit à des séances de musculation spécifique de la jambe, sur un appareil isocinétique. Car suite à un test sur cette même machine, il s’est avéré que la puissance de ma jambe gauche était encore 20% en dessous de la jambe droite. Il est fort probablement que trois semaines de séances sur ce machin, le rapport se soit équilibré, voire même légèrement inversé.

Puis vint la délivrance, le chirurgien m’accordant le droit de reprendre le sport « de façon progressive », me donnant un bon pour des semelles orthopédiques, ainsi qu’un conseil : allez voir une diététicienne. Ben quoi, ce n’est pas à la mode de ressembler à Winnie l’ourson ?

PS : Un an après le feu vert du chirurgien, j’ai décidé d’arrêter le foot, faute à des blessures à répétition, des tendinites, des hématomes, et plein de petits pépins qui pourrissent la vie. Je ne passais pas un mois sans avoir une merde.
PS2 : presque deux ans après le feu vert du chirurgien, je joue désormais au basket, et ça va faire pratiquement 9 mois que je ne me suis pas blessé. Comme quoi, le foot, ce n’était vraiment pas pour moi…

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2 commentaires sur “[Flash-back] Ma croisade ! 3/3

  1. Woaw, quelle aventure. Moi qui me plaignait de devoir passer un fibroscopie ! Comme quoi tout est relatif ! Du coup t’as pu ressembler un temps durant à ton idole le Dr House non ?

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    1. C’est ça ! J’ai même acheté la canne avec les flammes comme dans la série ! Après pour être désagréable j’ai pas eu besoin de trop forcer 🙂

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