Les contes de Noël, par définition, ça se lit à Noël. Malheureusement, celui-là, je ne l’avais pas embarqué dans mon iPad, si bien que je suis un peu passé à côté au moment des fêtes. Pas grave, je me suis dit qu’il n’y a pas d’heure pour lire un bon texte, alors je me suis plongé là-dedans le mois dernier, et peut être que de ne pas avoir l’ambiance festive de cette période de fin d’année procurerai un angle de lecture un peu différent.

L’histoire est assez simple. Elle raconte le voyage « initiatique » d’un petit curé de campagne un peu extrémiste et pas mal désabusé par la période de Noël qu’il juge un peu contraire aux dogmes de sa foi. Le texte est plutôt court, donc je ne vais pas en raconter plus, mais ce conte de Noël m’a pas mal transporté, de par les descriptions simples et précises, et dont profite largement l’ambiance générale.
Pour un conte sur Noël, j’ai été un peu surpris de l’axe essentiellement religieux qui a été adopté. Évidemment, cette remarque est purement personnelle, car mon point de vue sur la religion en littérature est assez tranché. En effet, j’ai deux sujets tabous, sur lesquels je pense ne jamais écrire, à court et moyen terme déjà (car il ne faut jamais dire jamais), c’est la politique et la religion. Ce sont de vrais sujets casse-gueule qui te positionne d’emblée, et qui met à l’écart une partie de ton lectorat, voire même qui pourrait l’offusquer. La religion, ça fait des siècles que l’homme se fout sur la tronche à cause de cela, la politique est une source éternelle de conflits et de débats ou l’irrationnel fusionne avec la mauvaise foi. Pourquoi en serait-il autrement une fois basculé dans le domaine de la littérature ?
L’auteur quand même tenté le pari, encrant assez profondément son texte dans la religion catholique, allant même jusqu’au bout, en plaçant une explication très œcuménique à l’existence du Père Noël, qui pourtant, est un des forts symboles païens consuméristes (la légende veut qu’il ait été créé par Coca Cola). Malgré tout, le concept passe bien, porté par une écriture précise et agréable (sauf à un ou deux endroits, avec une phrase à rallonge dont on perd vite le fil).

Au final, on ne ressort pas vraiment indemne de ce conte de noël si particulier, de part l’angle adopter, de par l’ambiance extrêmement travaillée (et donc réussit), de par le message final, qui à lui seul, mérite au conte d’être lu.

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