Zach Snyder est un réalisateur détonnant. Une filmographie pour l’instant un peu maigre, mais 100 % de réussites. De l’armée des morts, en passant par 300 ou Watchmen, il s’est « contenté » de monter des adaptations, de les remettre au gout du jour, avec une réalisation extrêmement pêchue, punchy, moderne, avec une certaine prédisposition pour le fond vert et le hautement spectaculaire. Et ça marche !

Cependant, Sucker Punch se détache du reste de sa filmographie, car il s’agit du premier film de Snyder se basant sur un scénario original. C’est donc le premier film sur lequel il n’avait aucun support visuel sur lequel travailler et s’inspirer. Le premier film sur lequel seul son imaginaire allait servir son incroyable talent, et pas celui d’un Dieu de la BD tels que Frank Miller ou Alan Moore. Et ça marche !
Sucker Punch est une vraie découverte. Quand on voit la bande-annonce et le pédigrée du réal, on s’attend à un délire visuel, à de la baston, à des explosions, du spectacle, et à un grand délire visuel (oui, ça fait deux fois, mais c’est pour mieux insister sur ce point là.). Et c’est ce qu’on a dans le film. Une série de scènes dans des univers déjantés (seconde guerre mondiale, héroïc fantasy, science-fiction), avec des nanas sexy (0 % de testostérone, contre point parfait de « 300 »), dans des situations souvent extrêmes pour des combats spectaculaires.
Mais le film va au-delà de ce résumé simpliste. Car Snyder, quand il ne se contente pas de suivre (avec talent) des planches de dessins, a un vrai talent, à savoir qu’il a su donner une vraie profondeur à son film, alors qu’il n’a fait qu’empiler les scènes survitaminées. Quelque part, on pourrait voir en Sucker Punch un croisement entre « 300 » et « Inception ». Baby Doll, l’héroïne, enfermée dans un asile, s’enfermera de plus en plus profondément dans des univers personnels, seul remède pour s’échapper de la réalité… et pour s’échapper tout court ! Le twist final est surprenant, mais presque cousu de fil blanc tout au long du film, les indices étant disséminés çà et là au fur et à mesure que progresse l’histoire.
Les actrices, comment dire, jouent bien leur rôle, même si elles ne sont que les « instruments » au service de la machine bien plus vaste qu’est ce film. On notera quand même la performance d’Emily Browning, éclatante à l’écran, savant mélange de sensibilité pure, et de bestialité, en fonction des scènes.

Emily Browning n’est pas que sympathique à regarder, elle pose aussi sa voix sur la bande sonore, sur des chansons classiques (Sweet Dreams, White Rabbit, i want it all) revisitées et remastérisées par Tyler Bates, le fidèle compositeur de Snyder sur tous ses films. Le mélange est détonnant, se mariant parfaitement bien à l’ambiance du film. Aucune chanson n’est à jeter, et la BO s’écoute très facilement en dehors du film. Enfin, sauf le massacre de Queen version rap, mais là, c’est viscéral, on ne touche pas à l’œuvre du grand Freddy Mercury !

Sucker Punch est un de ces films que j’aime à appeler des « OVNI », des films inclassables. Mais celui-là va très loin, avec un empilement de scènes survitaminées offrant une vraie profondeur psychologique entre la réalité, l’imaginaire, et le lien ténu qu’il y a entre les deux. À voir, et à revoir, pour bien saisir la portée du meilleur film de Snyder (avec Watchmen).

Ma note : 8.5/10

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