Ce qu’il y a de bien avec la lecture en numérique, c’est qu’elle permet la diffusion de récit que les contraintes du format papier auraient probablement laissé aux oubliettes (là encore, et je vais me répéter au risque de devenir grabataire, mais c’est au profit du récit pathétique d’un trou du cul vulgaire sortit tout droit d’une émission de télé-réalité-poubelle débile, avec un intérêt littéraire et artistique proche de la petite culotte d’une vieille dame incontinente, mais par contre, très rentable économiquement, ils se chiffrent par millions les cons qui achètent ces sous-produits… – désolé cher lecteur pour la digression gratuite et un poil malodorante).

Ainsi donc, dans la même veine que les histoires noires de Jeff Balek que j’ai lu précédement, j’ai découvert « Par delà l’océan » de Nicolas B. Wulf un vendredi, lors de l’opération #ebookfriday de Numériklivres.com, permettant de se procurer des oeuvres originales et sympathiques au prix de 0.99 € le temps d’une journée.
Cette histoire est dans la veine des pur récit fantastique de piraterie, avec des océans à perte de vue, de l’évasion, de l’aventure, des montres marins, le tout saupoudré d’un petit soupçon de vaudou.

Nickolah Dothiriel porte un lourd héritage; être le fils de Filhip Dothiriel, le Fléau des Dix Océans, l’un des pirates le plus connu et le plus respecté.
Las des quolibets dont il est la victime, Nickolah finit par accepter le commandement du navire de son père, la Dalvénia, pour partir à la recherche d’un corsaire à la solde du royaume Hyspan.
À ses côtés, des pirates chevronnés, un jeune mousse plein d’entrain, un étranger sorcier vaudou. Effrayé par l’idée d’une mutinerie, inconscient de la magie qui imprègne le monde dans lequel il vit, Nickolah ignore encore jusqu’où le portera son voyage.
Car, par-delà l’océan, c’est un héritage bien plus ancien et bien plus étrange qui attend le jeune capitaine.

C’est une sorte de voyage initiatique, le jeune pirates est au début à la recherche de lui-même, puis de ses origines et de son « esprit racine ». Mais cela ne sera pas de tout repos.
L’histoire est prenante, fluide, on s’immerger facilement au milieu des personnages, pas forcement très nombreux il est vrai, l’univers maritime est bien maitrisé et, gage de qualité à mon sens, quand on referme le bouquin, on a bien envie de savoir la suite et de revoir le jeune Nickolah Dothiriel à la proue de son bateau.

Mais justement, cette envie d’aller plus loin aux commandes de la Dalvénia, c’est aussi un des défauts de l’oeuvre, et parodiant Cyrano, que c’est un peu court jeune homme. Oui, c’est un peu trop court, on referme bien trop vite le livre.
Tout s’enchaine vite, très vite, et de cette vitesse découle une certaine facilité à laquelle le héros se sort des embûches, une certaine facilité dans l’évolution du personnage, et une certaine facilité dans les différents rebondissements. Je comparerai ça un peu à Eragon, héros à qui il arrive des choses extraordinaires, mais qui au moment M, s’en sort bien souvent par un coup de main, et pour parler vulgairement, n’en chie pas suffisamment pour sortir des problèmes.
Un peu plus de longueurs, un peu plus de détail aurait permis, si ce n’est de corriger ce détail (c’est peut-être une caractéristique propre au héros), mais de faire en sorte que l’enchaînement soit moins rapide, et de diluer un peu cette sensation de rapidité et de facilité.

Cela dit, ça n’enlève en rien au coté fort sympathique de l’œuvre (et de son auteur) et j’ai hâte d’apprendre qu’une suite est en chantier, enfin, proche de larguer les amarres …

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