Glen Cook est probablement un des maitres du fantastique les plus méconnus. Avec ses Chroniques de la Compagnie noire, il a élevé la fantasy au rang d’art majeur. Mais loin de s’arrêter à cette œuvre sombre et épique, il a aussi réussit avec brio un grand mélanges des genres avec son « Garrett détective privé », série où le seigneur des anneaux en version dépravée et distordue rencontre un Sherlock Holmes format commissaire San Antonio.

Wikipedia résume ainsi cette série :

Garrett détective privé est une série de romans policiers écrite par Glen Cook. L’univers dans lequel évolue le héros étant de type médiéval-fantastique, la série est plutôt classée dans la catégorie fantasy.

Cette série raconte les enquêtes de Garret, un détective privé humain du royaume de Karenta. Chaque livre raconte une enquête indépendante dans laquelle intervient une ou plusieurs jolies filles, et ou la résolution du mystère ne laisse en général personne de satisfait chez les survivants.

La série est la transposition dans un univers plus ou moins médiéval-fantastique de la mécanique des romans policiers des années 50.
En dépit de ce fait l’œuvre est beaucoup moins sombre que le Cycle de la Compagnie noire, la série majeure de Glen Cook en ce sens que si les enquêtes se termine fréquemment sur une note douce-amère, le ton donné à la série est, lui, globalement positif.

Cela donne des enquêtes d’un détective drôle et lubrique dans un univers où sévissent des elfes noirs, des rondruns morts et presque vivant, des ecclésiastiques peu recommandables, des morts vivants et toute une sorte de faune et de flore délirante. Et bien entendu des jolies femelles, pas toutes forcements très catholiques…
Après un premier opus qui a envoyé notre détective à l’autre bout du royaume pour récupérer une demoiselle perdue, et un second volet où le kidnapping du fils d’une terrible sorcière occupe notre héros, ce troisième épisode des enquêtes de Garrett se déroule dans les milieux œcuméniques de sa citée de Tonefaire, suite à la disparition de précieuses reliques.
Le scénario un tantinet alambiqué n’est là que pour faire louvoyer notre héros dans une série d’événements et une série de lieux aussi jouissifs que tordus. Du bar ne servant que du végétal de son ami elfe noir, en passant par le château du caïd de la citée, sans oublier les lieux saints et les ruelles sombres où sévissent les bandes amies, ou pas.
Prenant et addictif, cet opus marque une vraie mise en place du héros et de l’environnement. On sent Glen Cook bien plus à l’aise avec son univers qu’il pouvait l’être sur les deux premiers volumes. En résulte une vrai galerie de lieux, et de personnages, un « délire » fantasy bien plus poussé, et une maitrise des codes du genre, qu’il s’amuse à tordre, à mordiller, voire à corrompre, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Quand on ferme ce troisième volet, un sentiment prédomine. Le même genre de sentiment que j’ai ou avoir quand je lisais la Compagnie noire : c’est quand la suite ?
Quand la version poche du volume 4 daignera sortir, parbleu !

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