Il est difficile de rester indifférent face au film de Christophe Gans. Avec son premier long métrage, Crying Freeman, il avait marqué les esprits par une réalisation pêchue, un grand travail au niveau du mouvement des cameras, et certaines inspirations cinématographiques, un peu façon Tarantino.
Pour son deuxième film, le réalisateur Français a plongé au fin fond de la France profonde, en adaptant une des légendes qui éclairent l’histoire de l’hexagone : celle de la bête du Gévaudan.
La Bête du Gévaudan serait un animal à l’origine d’une série d’attaques contre des humains survenues entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l’ancien pays du Gévaudan (qui correspond globalement à l’actuel département de la Lozère).

S’inspirant des faits réels, Gans va y ajouter sa patte perso, à savoir des scènes de baston extrêmement chorégraphiées, les attaques de la bête sont assez « bestiales » et ne manquent ni de tension, ni d’hémoglobine. Pour le reste, la réalisation est soignée, avec certaines longueurs, mais qui ne sont pas forcément gênantes.
D’un point de vue purement historique, les faits et les personnages tiennent la route et le film de Gans est plutôt cohérent. Petit bémol néanmoins, le personnage de Mani, joué par Marc Dacascos, ne parait pas crédible. Un peau rouge ramené de nouvelle France, à la limite. Mais quand celui est maitre des arts martiaux, c’est quand même un peu too much.
Autre point d’achoppement, le twist final, à la fois extrêmement prévisible, et très capilotracté. Tout s’enchaine et tombe comme une figue au milieu d’un tabouret, vite, trop vite, ce qui choque un peu tant le début est plutôt bien ficelé.
Hormis cela, ce Pacte des loups est un film Français de fort belle facture. Chose rare pour ne pas le signaler, tant le cinéma national se faisait un devoir à l’époque de sortir un nombre de purges toujours plus croissant. La distribution est de qualité, avec des acteurs connus et reconnus comme Samuel Le Bihan (pour une fois moi plat que d’habitude) Vincent Cassel, Émilie Dequenne, Monica Bellucci (mama mia), Jérémie Rénier ou encore Jean Yanne.
Même la bande son est à la hauteur. Sombre et obscure, Lo Duca, débauché de ses habituelles séries télé, a livré une composition qui colle bien à l’ambiance générale du film, sans fioritures, mais non sans originalité, comme ces accords de guitare accompagnant l’arrivée des héros au pays de la bête.

Film d’époque aux accents assez moderne, ce Pacte des Loups là est une très bonne mouture, qui à jeté un caillou « américain » dans la pâle soupe du cinéma français. On aime, ou on aime pas, mais ce fut foutrement plaisant de voir autre chose qu’un énième film flanc à la française sur un toxicomane dépressif qui retrouve son père biologique en plein coeur de la grisaille du nord pas de calais…

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