Dans la longue liste des films inspirés de bouquin, il y a la trilogie des Jason Bourne, adapté avec succès à l’écran, avec Matt Damon dans un de ses meilleurs rôles. Ce triptyque d’espionnage haletant prend sa source dans une autre trilogie de papier, celle de Robert Ludlum, auteur à succès dont les ouvrages ont notamment inspiré la série BD XIII.
Contrairement à la majorité des adaptations ciné de bouquins, le premier opus des aventures de Jason Bourne sonne comme une adaptation réussit, même si le terme « adaptation » est un peu galvaudé, puisque de l’œuvre papier, il y a somme toute très peu de chose qui termineront à l’écran.

Et c’est un excellent choix opéré par les scénaristes, ce jour là rudement bien inspirés, parce que l’œuvre de Ludlum, si je ne conteste pas qu’il s’agit là d’un « must » du roman d’espionnage, possède bien des lacunes qui auraient pu être rédhibitoire une fois passé tel quel à l’écran.
D’une part, le roman a plutôt mal vieillit. A l’heure où les terroristes font sauter des immeubles à coups d’avion de ligne, tous les fantasmes et les symboles véhiculés par le terroriste « Carlos » dans le bouquin semblent désuets, kitchs, et prêtent même un peu à sourire. Tout cela arrosé par des vieux relents de Viet Nam qui laissent un arrière gout d’américanisme exacerbé.
D’autre part, avant d’être écrivain, Ludlum était un militaire, et ça se sent dans son style d’écriture, du genre qui marche avec des grosses chaussures de l’armée, extrêmement lourd, pompeux, pénible parfois, multipliant les clichés, notamment amoureux, mal maitrisés, un peu larmoyant, faussement sentimentaux et qui plombent l’intrigue pourtant soutenue.
Ce sont là les deux points d’achoppement que l’on pourrait relever de ce premier opus de Ludlum, qui par ailleurs, brille essentiellement par son ambiance, son rythme, par sa maitrise de l’art du contre espionnage qui donne au livre une « couleur » et un ton particulier, intrigant, et qui maintien le lecteur à flot malgré que celui-ci doit se battre à contre courant contre le style lourd de l’écriture. Dans ce livre, Jason Bourne est un agent très spécial, ex-services spéciaux pendant la guerre au Viet Nam, engagé et entrainé pour faire sortir le terroriste international Carlos de sa tanière, afin de l’attraper et le mettre hors d’état de nuire. Malheureusement, ce brave homme se prend une volée de balles, dont une qui le rend totalement amnésique. L’œuvre s’ouvre sur la seconde naissance de Bourne, sans passé, mais pas sans talent, et qui va remonter la piste et dénouer les fils de sa vie passée pour tenter de comprendre qui il est, avant que tous les portes flingues qui sont à sa recherche lui tombent dessus et l’abattent. Une relation de chasseur / chassé se met en place avec Carlos, avec au milieu Mary, fille qui est tombée amoureuse de Bourne parce qu’il lui a sauvé la vie, et bien sur, l’administration américaine, qui cherche à récupérer son homme qu’elle juge désormais incontrôlable.

Et c’est là où l’adaptation ciné brille, c’est qu’elle a récupéré certains personnages (Jason Bourne, Marie …), les principaux, certains lieux d’intrigue (Paris, le pont neuf, la Suisse, Marseille …) et surtout l’ambiance très « contre espionnage » et le rythme propre au bouquin, tout cela pour en faire une œuvre moderne, nerveuse, trépidante et foutrement bien ficelée, et qui renvoi dans les cordes les derniers James Bond pétaradant et sur-vitaminés.
Le principe de l’histoire est le même, un homme aux multiples talents se réveille sans mémoire, et il va tirer le seul fil qu’il possède pour remonter le court de sa vie passée, comprendre comment il en est arrivé là, et surtout pourquoi tous ceux qui le reconnaissent veulent le voir mort.

J’attaque dès ce soir la lecture du second opus, qui devrait différer largement de l’adaptation ciné, vu comment le premier tome se termine.

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