Harry Potter et le Prince de sang-mêlé

Harry Potter et le Prince de sang mêlé est l’avant dernier opus de la série désormais légendaire de JK Rowling. Sachant tout l’attente qui allait découler de l’ultime chapitre, avec tout le dénouement et les explications qui en découlent, l’auteur a décidé de faire une sorte de pause, avec un volume beaucoup moins rythmé que les précédents. De l’action, il n’y en a véritablement que durant le dernier quart de l’œuvre, le reste étant une sorte de vaste travelling émotionnel de la vie de jeunes étudiants en milieu scolaire, adolescents qui découvrent leurs hormones et tout le pataquès sentimental qui en découle.
Dans la version papier, JK Rowling a habilement entremêlé ce vaste « Dawson Creek en baguette magique » d’un fil rouge, et pas n’importe lequel, un chemin, que Dumbledore va faire emprunter à Harry, au travers de différents souvenirs qui vont lui permettre de remonter à la source même du pouvoir de Voldemort. Sans être trépidant, tout cela reste dense, jusqu’au dernier quart du bouquin où tout s’accélère, avant une grosse baston finale et … Bon, il y a peut être encore certaines personnes qui ne savent pas, alors je ne vais pas tout dévoiler.

Si je me suis permis de faire un bref résumé du livre, c’est que j’estime que l’œuvre papier et l’œuvre cinématographique sont intimement liés. Et que pour tous ceux qui ont lu le tome 6 de la saga de JK Rowling, l’adaptation ciné de David Yates sonne terriblement creux !
Certes, vu la densité de l’œuvre, des coupes étaient obligatoire, sinon le film aurait duré 5 heures, dont la moitié d’un ennui palpable … La coupe a été faite, mais le scénariste a préféré mettre de coté de véritablement intéressant, pour ne garder que le futile …
Exit donc la relation entre Harry et le livre des potions du Prince de sang mêlé, ce qui réduit la quête pour savoir qui est ce mystérieux personnage à une scène de 35 secondes à la fin du film, qui tombe comme un cheveux sur la soupe, uniquement là pour expliquer le pourquoi du titre.
Exit, la complexité des relations entre les personnages principaux, qui ne sera que trop largement survolée. les duos Harry/Hermione, Ron/Hermione, Ron/Harry vont être chamboulés tout au long de l’oeuvre, et pourtant, cela n’apparaît que fort peu à l’écran.
Exit aussi une grande partie du « chemin » qui va tracer Dumbledore pour Harry, chemin dont le dernier opus est la résultante directe.
Exit la grande baston finale, qui se résume en une fuite dans la forêt et à trois éclairs entre Harry et Rogue …
Exit aussi, et surtout, la complexité du personnage de Rogue, être torturé au possible, ambivalent, qui marche un pied dans l’obscurité, un pied dans la lumière … Pourtant l’acteur qui joue Rogue est extrêmement doué, mais il est complètement sous utilisé par un scénario vide de son essence …

Au lieu de cela, c’est le coté « Dawson creek » larmoyant et agaçant qui est mis en valeur, ce qui donne au film une saveur assez bizarre, car derrière, la réalisation est parfaitement adapté à l’ambiance générale de l’œuvre de Rowling. Oui, David Yates fait un énorme travail de lumière, d’ambiance, de décors, qui au final, donne une touche sombre, noire, parfois gothique même, qui rend un véritable hommage au style donné par l’auteur du livre à son 6ème roman.
Et c’est là que j’explique pourquoi j’attribuerai néanmoins une note moyenne (genre 5/10) à ce film, et ce malgré les grosses carences scénaristiques adaptationnelles.
L’ambiance est dans le vrai. La réalisation a converti quelques prises de risque, même si elle n’a pas su vraiment sublimer le grand moment émotionnel de la fin de l’œuvre. Les acteurs aussi sont dans le vrai, aussi jeunes soient ils, ils habitent leur rôle, et je ne me les imaginais guère différemment quand je compulsais le bouquin. Avec Rogue, le personnage que je regrette de ne pas avoir plus à l’écran (même si bon, elle ne joue pas un rôle majeur), c’est Belatrix, sorcière complètement azimutée qui je l’espère, devrait avoir son heure de gloire dans le dernier opus.
La musique enfin, moins clinquante et tape à l’oreille que les premières partitions de maître John Williams, la BO de Nicholas Hooper est aussi en adéquation avec l’ambiance générale du film, elle sait se faire oppressante quand il faut, plus légère parfois … Sans fioritures ni effets de styles majeurs,

Harry Potter et le Prince de sang mêlé n’est pas le meilleur livre de la saga en terme de rythme et d’action. C’est un livre de « transition », qui bascule subtilement entre la légèreté adolescente et la noirceur totale. L’adaptation ciné suit le même chemin, mais pas pour les mêmes raisons, car le scénario s’est trompé littéralement de sens, là où toute la partie technique était pourtant prête pour donner corps et vie au roman de Rowling.
En espérant que le scénariste aura bien dormi avant d’attaquer le dernier volet, car un plantage pareil à l’heure de dévoiler le feu d’artifice final, ça ferai très très désordre …

Publicités

Un commentaire sur “Harry Potter et le Prince de sang-mêlé

  1. J’avais déjà pas envie de le voir,
    ben là tu m’as confirmé dans mon idée.

    C’est toujours le soucis quand un livre plein de détails est adapté au ciné.
    Mais malheureusement sur HP, c’ets souvent les scènes « inutiles » qui sont gardées.
    C’est quand meme dommage.
    Et ce n’est pas le premier opus où ca fait ceci…

    Dans tous les cas, ca vaut pas le bouquin!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s