Watchmen, avant d’être passé sous pellicule par Snyder, l’excellent réalisateur du glorieux « 300 », est un Comic book d’une longueur titanesque écrit par Alan Moore, grand maître en la matière (on lui doit les mirifiques « V pour Vendetta » et « From Hell », deux Comic à lire d’urgence). Ce Comic est un des plus « successfull » de l’histoire, avec un énorme succès publique, mais aussi critique, puisqu’il a reçu de nombreux prix.

Le pari d’une adaptation ciné de l’œuvre d’Alan Moore était très risqué, nombreux sont les réalisateurs avant lui à avoir abandonné le projet, tant l’œuvre de référence est décalée (car écrit en 1985 dans et pour une société qui n’a plus rien à voir avec nos sociétés modernes), mais surtout très complexe, car la qualité du récit réside en l’enchevêtrement d’évènements, un certain chaos répondant au chaos même du fil conducteur de l’histoire, dont le déroulement est probablement plus facile à suivre sur papier que sur pellicule…

Snyder a réussit un vrai coup, car en plus de fluidifier tout cela (même si certains courants annexe ont été supprimés, comme l’histoire du Bateau Noir), il a ajouté sa patte personnelle, et un soupçon de « modernisation » dans son film, notamment avec le big bang final, plus crédible et moins ambiguë que sur la version papier. Tout en conservant néanmoins, une extrême fidélité à l’œuvre originale, moins poussée que sur « 300 » où là il avait carrément fait du copier coller de certains graphiques sur l’écran.

Le casting sonne juste. Le hibou est un peu bedonnant, Rorschach est complètement fou, Miss Jupiter fortement sexy … Mais qui mieux pour jouer des justiciers masqués ordinaires trop humains, sans supers pouvoirs, mais avec des rides, et qui connaissent la corruption, le doute, la folie et la dépression. Qui mieux donc que des acteurs « ordinaires » peu connu. Ici la star, c’est l’histoire, c’est la mise en forme de ces évènements décalés, avec pour thème central : la fin du monde.

Car il ne faut pas se tromper. Derrière ce film faussement catalogué de « super héros », c’est une vision d’un monde qui part en déconfiture qui se dégage. Comme pour « V pour Vendetta », Alan Moore décrit une sorte de « futur parallèle » où le paroxysme de la guerre froide touche à l’imminence d’une guerre totale nucléaire. Au milieu de cela, nos héros se débattent avec un « tueur de masque » et le tissus de leur relation évolue jusqu’au dénouement final.

Rayon musique, on peut séparer la BO en deux partie : la partie chansons, sorte de compil de chansons « d’époque », un peu comme si la BO de Forrest Gump aurait été retouchée par Tarantino… Original, surtout dans l’exploitation faite à l’écran de certains morceaux, le climax étant évidement « Sound of silence » utilisée pour la scène d’enterrement du Comédien.

Au niveau des thèmes du film, on note la nouvelle collaboration entre Snyder et  Tyler Bates, avec lequel il a déjà travaillé sur « 300 ». Et là où certains compositeurs ont tendance à tomber dans une redondance un peu trop visible d’un film à l’autre (les plus grands sont passés par là, Williams, Zimmer, Horner …), Bates a réussi à monter des thèmes complètement différents de ce qu’il nous avait proposé pour 300… Exit le métal et le punch des batailles, les thèmes ici sont plus lancinant, plus sombres, probablement moins facilement accessible aussi, pour certains.

Watchmen, au final, est une adaptation réussit d’un Comic célèbre mais complexe, un produit finit de bonne qualité, qui après « 300 », jette un certain éclairage sur son génial réalisateur. Pas loin de devenir culte, il est rentré néanmoins dans la catégorie de ces films que l’on ne se lasse pas de voir, et de revoir …

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