La première règle du fight club : lire et relire le roman de Chuck Palahniuk
La seconde règle du fight club : mater le film de David Finscher
Et si c’est votre première lecture / visionnage, tu dois te prendre une claque. Une vrai. Je ne m’attarderai pas sur la version « cinéma » de David Finsher, mais c’est probablement une des rares adaptations à l’écran qui rend réellement hommage à l’œuvre papier.
Mais cette œuvre papier, quelle est t’elle au fait ?
Il faut d’abord savoir que Chuck Palahniuk fait parti de cette caste de génies complètements malades, capables de vous pondre une œuvre totalement déjanté, totalement subversive, inclassable, inracontable, et pourtant narrant avec une grande justesse les dérives de nos sociétés de consommation de masse, la société américaine principalement.
Fight Club, son œuvre la plus aboutie, est aussi la plus facile d’accès. Choke et Berçeuse sont plus complexe, plus déjantés aussi, Survivant est noir, délirant et énigmatique, quand à Journal Intime, il va chercher très loin dans l’abstrait. Voilà pour ceux que j’ai lus personnellement. Mais cela nous éloigne de Fight Club.
Qu’est ce que Fight Club ?
La première règle du Fight Club c’est qu’il est interdit de parler du Fight Club.
La seconde règle du Fight Club c’est qu’il est interdit de parler du Fight Club.
Alors laissez moi vous parler de Tyler Durden. Mais qui est Tyler Durden ?
C’est plus où moins le « héros » de cette histoire. Sa route croisera celle de « Jack » (prénom supposée du narateur, en fait, on ne sait pas trop, ce qui donne un petit coté Sergio Leone à l’ambiance du roman), modèle type du consommateur de base américain de masse, celui qui a régler une fois pour toute le problème du canapé, du réfrigérateur, et du tapis suédois au nom imprononçable. Jack est insomniaque, et cherche à échapper à son quotidien. Tyler va l’aider, et plus que ça, il va lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre qu’il n’est pas un beau flocon de neige merveilleux et unique, et qu’en fait, nous appartenons tous au même tas de compost. Ensemble ils vont fonder le « fight club », afin de toucher le fond, seule et unique façon d’être « libre ». La société de consommation, la mondialisation, le mode de vie occidentale qui rend les gens comme des moutons qui s’écrasent devant la fatalitéau lieu de l’affronter, les contradictions psychologiques, politiques, la révolte contre le système (d’ailleurs, Eric Cantona, dans sa « révolution » qui voulait monter en vidant les banques, s’est quelque parts un peu inspiré de la dernière partie de « Fight Club), la religion, la paternité … Les thèmes du roman sont vastes et variés, le tout formant un ensemble décousu, où la ligne directrice n’apparait qu’à la fin, dans cette grande claque finale et subversive.

Roman culte s’il en est, bien soutenu par le film de Finsher qui lui rend un très vif hommage, de part sa philosophie d’une incroyable actualité, et de part le point de vue éclairé, cynique et terriblement réaliste de nos sociétés modernes, et de la condition du mouton que nous sommes tous, « Fight Club » a une place de choix dans ma bibliothèque, facilement accessible, car c’est un livre que le me relis en moyenne une fois par an.

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